Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !


vendredi 18 mai 2018

D'un lièvre fameux


Blason de Matysová (Slovaquie)

D'entre tous les hôtes de la prairie, le lièvre
Est un joyeux compère. Est-ce là de l'insouciance ?
Plus d'un a fini cuisiné au genièvre
Pour avoir relâché quelque peu sa méfiance.

Il en est un, de mémoire fameuse, qu'une fable
A fait connaître à plus d'une génération.
Une tortue le vainquit, un fait incroyable
Qui ne connut point, ce semble, son itération.

Mais l'on se trompe car cette histoire allégorique
Comporte au moins une vérité catégorique :
Rira bien celui qui rira le tout dernier.

Ceux qui aujourd'hui se drapent dans leurs certitudes
Et qui se donnent, à ce titre, de l'amplitude
Verront, à la fin, qu'ils ne furent que des âniers.

Marc

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La voilure de l'âme


Blason de Seine-Port (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

J'aime plus que tout la lenteur, quand le temps s'allonge
Et que la vie se veut suspendre à l'instant
Dont on aimerait que sans fin il se prolonge.
Cette apparente suspension peut durer longtemps

Et avoir d'insoupçonnables effets dilatoires,
Pour peu de se maintenir en cette vacuité.
Tout alors s'éclaircit, rien n'est aléatoire.
C'est en tout lieu que l'on peut ainsi méditer,

Même si un endroit isolé est plus propice.
C'est en soi pourtant que sont les meilleurs hospices.
Ce n'est pas le cadre qui donne le contenu

Mais l'esprit. Il est de notre nef la voilure
Dont on sait que la position et l'envergure
Dirigent le navire. C'est un adage bien connu.

L'Abbé Théophile


Une époque épique


Blason de Poltava (Ukraine)

Des décennies de vaccinage et de malbouffe ;
Le lavage des cerveaux par la publicité ;
Le bon sens et l'esprit critique que l'on étouffe ;
La braderie générale du droit de cité ;

Le galvaudage des idées, l'emprise médiatique ;
La trahison des clercs, le retrait des élus ;
La mise en spectacle du politique ;
La poussière qui sous les tapis fait des talus ;

Trafics en tous genres, gabegie alimentaire ;
L'oppression au travail, le climat délétère...
La liste se peut ainsi allonger sans fin.

Comme on le voit, nous vivons une époque épique,
Un vaste champ de foire où tout le monde se pique
De sérieux. En fin de compte, une cour de gamins.

Le Spectre à trois faces


Au cœur de l'Apocalypse

jeudi 17 mai 2018

La mouette se sauve


Blason de Jurmala (Lettonie)

Les vagues se sont embrasées des écumes volantes.
Quelques gouttes s'échappent au sel de tes mains.
Le crépuscule frissonne des lueurs palpitantes.
Si les feuillages soupirent, mon cœur encor étreint,

Te poursuit du regard, et s'envole sur les ailes
Lors que la mouette se sauve et vite te rejoint.
Si La Lune tremble de mon Désir, c'est qu'en Elle
Est fondue toute mon âme qui vers Toi revient.

Si l'océan chancelle c'est qu'il se veut se réunir.
D'étranges impatiences, et beaucoup de silence,
Lors que le corps ne sait plus que frémir.

Qu'est donc ce Mystère ? Cette étonnante puissance ?
De L'Origine d'Un Nom, le cœur est entière Vibration.
Le Récif devient subitement une Oraison.

Océan sans rivage

lundi 14 mai 2018

Promesse


Drapeau de Verbilki (Russie)

L'Ami, Cela qui est en nous a vu Le Jour,
Mais Cela aussi qui n'est pas nous a vu La Nuit.
Les deux se sont unis : est bien plus fort L'Amour !
Ils ont conquis les nues et des étoiles, L'Infini.

Leur Azur est en leurs mains d'authentiques sourires.
Sens-tu comme Le Cœur frémit au bout des doigts ?
D'intensité, n'est-il pas en ce Tout Désir :
S'unir à La Présence et faire alors Don de Soi ?

Que s'est-il passé pour que nos rêves soient Réalité ?
Ai-je jamais demandé autre chose que de mourir ?
Quelle est donc cette entière et mystérieuse Vérité ?

Je suis une guerrière, rien ne peut me faire reculer.
Je préfère mille fois tomber et mille fois périr,
Puis renaître de mes cendres et enfin m'envoler.

Océan sans rivage

Métaphysique des nombres : Un

« Tu as tout ordonné avec mesure, nombre et poids. »
(Le Livre de la Sagesse de Salomon, XI, 20)

Blason de Cambieure (Aude, Occitanie)

L'Un c'est l'En-Soi, sans division ni partage.
Se multipliant, Il demeure toujours entier
Car toute unité est l'empreinte de Son Image.
En Lui, tout se résorbe : c'est L'Indifférencié.

L'Un c'est L'Unique, Le Commencement, L'Archétype,
La Base et Le Sommet, L'Alpha et L'Omega ;
Il est L'Absolu, Le Suprême et Le Principe ;
Le Par-delà et l'Au-delà du Par-delà ;

L'Initié, L'Inédit et L'Original.
Il n'est rien qui Le diminue, rien qui L'augmente ;
En Lui, l'être retrouve son état virginal.

Tout nombre n'est jamais qu'une réunion d'unités,
C'est en L'Un qu'est leur réalité transcendante.
Il couvre l'Infinitude et l'Éternité.

L'Abbé Théophile

dimanche 13 mai 2018

La Voie du Samouraï : Livres 53 et 54


Mon du clan Itakura Tomoe


Livre 53


Le doute assombrit la rétine de celui qui laisse l’incessant bruit devenir une épine. Faut-il vivre ces écorchures de l’innocence, lors que le regard est éperdu et s’élance aussi loin que l’horizon ? Il est des combats que l’on ne mène qu’en soi. Le plus terrifiant est celui que l’on doit mener pour ne pas se laisser affecter par les pierres que lancent ceux qui se séparent de La Lumière et qui pensent qu’ils sont lésés. Le Samouraï ne peut évoluer au sein du monde qu’en ayant permis à la purification d’opérer au centre même du lac de son âme. Il met des années, voire plusieurs vies à se laisser ainsi en cette alchimie effective, et il sait que cela est vrai et juste, car il retrouve les effets de la mémoire d’origine. Implacabilité de la nudité, offerte sous les bourrasques ! Des ouragans qui soufflent et nous apprennent en Le Vivant. La vie n’est pas figée. Elle est en cette Réalité à ondoyer sur les vagues du vent et à peine, aussi imperceptible que cela puisse être, le bruissement nous donne à entendre le mouvement de La Roue Cosmique. En ce Silence, Le Samouraï retrouve le geste de L’Unité, Rassemblement supranaturel car loin d’être régi par notre volonté. Mon Maître n’a jamais tari, ni dans le silence objectif, ni dans le regard, ni non plus dans les mots. Ceux-ci ne sont qu’une légère brise qui vient rompre le figement. Il m’a appris à être en Son Ecoute, à entrer en l’interstice de L’Echo. Il m’a dérouté pour mieux m’orienter. De fait, Ô fils aimé, sache qu’il n’est jamais de déroute, mais plutôt de rectification et d’harmonisation. Chaque Vie est Sacrée de par Le Souffle de Sa Suprême Volonté. Le Temps n’a pas de rides lors que l’océan lui-même devient Son Lac. « – Quand donc savons-nous que la paix s’installe ? demandai-je, un matin, à mon vénérable maître. – Il est un effet qui ne trompe jamais : le collier de perles. – Qu’est-ce donc que ce collier de perles ? m’enquis-je. – Ce sont les sourires perpétuels de l’âme, lors que chaque fragment du moi se réunifie. L’âme est semblable à une petite embarcation qui  imperceptiblement, imperturbable devant les agitations. Dans un premier temps, il nous faut certes apprendre à ne plus être. Ainsi, tout semble s’éteindre. Puis, miraculeusement, L’Être jaillit et est touché par la Grâce sans besoin même d’être touché. A peine est-Il en un souffle qui tremble de suavité : à toutes choses, Le Sourire s’impose. Maître, la mort est une Renaissance, n’est-ce pas ? – Celui qui est envahi par la peur ne peut mourir sereinement. Il ne peut se laisser partir, car les éléments de son être sont éparpillés, et la mort le donne à cette réalité. Le Renoncement à notre moi ne nous prive qu’en apparence de notre vie. Il s’agit en réalité d’un basculement qui nous permet de saisir la nuance entre l’avant et l’après. » Le maître continua de marcher sans m’en dire d’avantage et je compris qu’il fallait que les mots fissent en moi leur chemin... Une hirondelle fendit l’espace en son doux tire-d’aile. Le maître salua de la main l’oiseau qui revint alors vers nous en tournoyant de plus belle. Le Ciel est un lac traversé de mouvements qui font nécessairement écho au silence.


Mon du clan Kokonotsu Shippou


Livre 54


L’humilité qui est à se révéler depuis Quelque Chose qui nous en donne la douceur, nous fait entrer en La Révérence et aussi en une certaine vigilance. L’on peut parler aussi d’observance. Lors que mon âme s’apaisa des tumultes de la séparation, j’appris à voir et à écouter. Ou plutôt, je sentis que chaque chose m’appelait et me parlait. Les ailes des oies sauvages interpellaient mon goût du voyage. Vers quelle Destination sommes-nous à nous orienter ? Ces pas en l’intériorité de mon maître me donnèrent au Temps vertical. Un maître polarise son disciple. Un maître nous permet de pratiquer aussi la lucidité, jusqu’à ce que celle-ci redevienne notre nature efficiente. Or, mon maître m’a ouvert à La Voie et m’a mis en confiance, car, j’ai reconnu sa réelle bienveillance. Il n’est de haine et de rage qu’en l’ignorance. Las, cette laideur est manifeste depuis des milliers d’années. Pourtant, la prédation vient de l’origine divine du Souffle. Effectivement, Le Seigneur domine. Il est Le Puissant Souverain en Son Royaume. Il est l’action descendante et nous fait par là-même vivre La Contrainte Révérencielle. Mais lors que nous ne sommes pas reliés à notre principe, nous sommes fragmentés et chacun de ces fragments se voudrait se séparer et dominer. L’élément épars de notre Être entre en la plus grande des confusions et en la plus grande des rivalités. Néanmoins, il est inutile de donner plus d’importance à ces sortes de phénomènes. Il faut s’en dissocier puis les neutraliser par cet entretien intime qui est de leur dire : je vous vois, retournez donc en Ma Singularité. Mon Unicité vous redonnera chaque part de vous en La Lumière de La Toute-Bienveillance. Je suis votre Père et je suis votre Mère. Je suis votre Matrice Essentielle. Je vous aime. Revenez en votre Berceau de L’Esprit. Vous croyez que vous serez engloutis, mais en fait, je vous ferai Don du Collier de Perles qui est Reliance, et vous serez en L’Unité Primordiale. Lors, vous agirez en La Lumière. Vous entrerez dans La Paix et L’Harmonie. Le Paysan surprit les mondes secrets de La Nature. Ceux-ci se révélèrent à lui et lui donnèrent les noms. Leur verbe existencié en l’essence lui ouvrait successivement les mondes de la connaissance subtile et intuitive. Chacun de ces noms agissait sur son âme et l’ennoblissait. Pourtant, le paysan s’effaça totalement et laissa les verbes courir en son corps et en son esprit et lui faire acte d’allégeance. Plus il se laissait compénétrer et plus il recevait les clés de tous les phénomènes. Son cœur s’élargissait des beautés intérieures qui se donnaient aussi à se révéler à l’extérieur. Chaque chose lui souriait. Chaque parfum était un univers entier de possibilités qui l’invitait en La Réalité substantielle. L’Amour était, tour à tour, folie et sagesse. Il comprit ceci : pour entrer dans Le Jardin, il fallait devenir Le Jardin. Or, seule la folie, c’est-à-dire, L’Échappée, Le Retour sur Soi, L’émigration de Son Être vers La Réalité Suprême en La Réalité Suprême, permet de s’extraire de L’Inertie et d’entrer en La Vraie Vie.

© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï


Se lit aussi sur Naissance et connaissance

La Voie du Samouraï

Le saint fluide vital


Blason de Kolárovice (Slovaquie)

Il n'est rien qui soit plus semblable à l'esprit
Que l'argent car il n'est rien qu'il ne convertisse
Et du même coup, rien non plus qu'il ne pervertisse.
En ce bas monde, dit-on, tout a son prix ;

Certains même ajoutent que l'on peut tout acheter :
Les choses, évidemment, mais aussi les non-choses.
C'est cette force de conversion qui est convoitée
Car elle ouvre les sous-rires autant que les portes closes.

Elle entretient l'illusion d'être important
Et, sinon intelligent, du moins compétent,
Qualité privilégiée dans un monde technique.

Car de ce monde, l'argent est le saint fluide vital,
« Sainteté » qui l'entraîne vers un destin fatal,
En vertu même de cette réalité génique.

L'Abbé Théophile

L'Amour vrai


Blason de Reival (Meuse, Lorraine)

D'azur au diamant d'argent surmonté de deux étoiles ; chaussé ondé de
gueules bordée d'or, chargé de deux chaînes rompues du même.


La vie de la plupart des gens ne ressemble
Guère à un roman, c'est bien le moins qu'on en puisse dire.
Les rares instants de joie, quand on les rassemble,
Couvrent quelques années à peine, si ce n'est pire.

Mais tout dépend de l'acception du mot « bonheur »
Qui est une véritable auberge espagnole.
Combien d'affaires de cœur finissent dans la rancœur ?
Car tel est le destin des amours branquignoles

Qui croient qu'il s'agit avant tout de sentiments
Mais n'ayant avec l'Amour qu'un lien d'apparence
Et dont l'amertume n'est jamais loin du goût rance.

De l'initial et mutuel assentiment,
Il ne demeure bientôt plus rien ou pas grand-chose.
Mais l'Amour vrai est toujours une métamorphose

L'Abbé Théophile

Chemin de l'âme (1)


Blason de Haapajärvi (Ostrobotnie du Nord, Finlande)

Celui qui pense que l'autre monde est post-mortem
Se trompe profondément, et c'est encore peu dire.
C'est l'échelle de conscience qui en fixe le barème
Et non pas ce qu'une croyance induit ou inspire.

Il ne suffit pas de mourir physiquement
Pour subitement accéder aux Champs Célestes,
Encore faut-il mourir à soi psychiquement,
C'est-à-dire dépasser le « moi », lâcher ce leste,

Faute, sinon, de se retrouver en un astral
De désintoxication, forme de purgatoire
En lequel l'âme opère un séjour transitoire,

Avant de s'en retrouver un état fœtal
Dans quelque monde où elle poursuivra son voyage,
Avec son intention de Vie pour seul bagage.

L'Abbé Théophile

samedi 12 mai 2018

Jusqu'au matin


Blason de Guelendjik (Russie)

Sur les bords de L'Eau vive éperdue de voyage,
Les vents racontent L'histoire des Anciens...
Tout est si intime en ce verdoyant paysage.
Les oiseaux sont la proie d'un langoureux refrain.

L'Eau est sauvage et si intense de Beauté.
J'aimerais mourir et vivre pour encor Te voir.
Je marche et... Toi seul occupes toutes mes pensées.
N'ai-je pas été créée pour être juste Ton Regard ?

L'Or rayonnant est un Cœur neuf qui jubile
Toi Seul vis en mon être et Ton Nom est Amour.
La Lumière éclaire Ta Maison qui rutile.

Tes Yeux se posent sur Le Centre qui se fait Jour.
La Nuit tombe, je vais chez L'Ami, Lui prends Les Mains.
Ses Confidences me tiennent captive jusqu'au matin.

Océan sans rivage

Racines


Blason d'Armavir (Russie)

L'Intention Initiale qui préside au Cosmos,
- L'Alpha de la réalité phénoménale -
Ne peut se remonter sur le fil de Chronos.
Saurait-on franchir l'infinitude sidérale ?

L'espace et le temps sont étroitement liés,
(La matière dense n'étant jamais qu'une apparence)
C'est par la conscience seule qu'on les peut plier,
Après que l'esprit en ait pénétré l'essence.

Ce monde n'est en fait que la plus cristallisée
Des dimensions, sur un certain plan vibratoire.
Né du Verbe Divin, c'est donc par l'oratoire

Qu'on le dépasse ; il s'agit de canaliser
En soi ce qui fait écho à cette Origine.
Pour monter, il faut descendre jusqu'aux racines.

L'Abbé Théophile

L'homme primitif


Blason de Mörigen (Canton de Berne, Suisse)

L'homme primitif n'est pas celui des cavernes
Dont la dignité de vie ne fait aucun doute ;
L'on a dit sur lui beaucoup de balivernes
Et je crois bien que chaque année il s'en ajoute.

L'homme vraiment primitif, c'est celui du Veau d'or,
Celui-là qui dévoie l'intelligence en ruse,
Qui par appétence ouvre les boîtes de Pandore ;
C'est l'homme de gain qui de tout use et même abuse.

Il paraît civilisé, ce n'est qu'un vernis ;
Il sourit, c'est pour mieux masquer sa vilenie.
Rien n'est plus pernicieux que sa barbarie douce

Qui fomente des systèmes à broyer de l'humain ;
Des forces de l'Ombre, c'est l'homme de première main,
Changeant de costume quand le scandale l'éclabousse.

L'Abbé Théophile

vendredi 11 mai 2018

Rouler carrosse


Blason du district de Sosnovaya Polyana (St-Petersbourg, Russie)

L'on a beau jeu de promouvoir la république,
L'on ne boude ni les privilèges, ni les titres,
Sans voir qu'elle est de l'ancien système la réplique
Et qu'aux fous du roi ont succédé les pitres.

Les mots ont changé mais les habitudes demeurent ;
Chacun se veut rouler carrosse à sa façon
Et s'établir en la plus somptueuse demeure.
En tous les domaines, l'occasion fait le larron.

Les politiques font du show et les saltimbanques
Nous veulent apprendre à vivre et à penser,
Alors qu'ils gagnent plus qu'ils ne peuvent dépenser.

Et comme les vrais propriétaires ce sont les banques,
L'on critique du système son défaut de partage,
Mais sans le menacer car on en est l'otage.

Le Spectre à trois faces

Sociologie parallèle

Fleur d'Or


Blason de Wortegem (Flandre Orientale, Belgique)

                              Un jour, un oiseau à mon bec laissa perler une goutte
                              De ce charme, je ne suis plus jamais revenue.
                              L'Oiseau me fait boire à L’Élixir d'un Vin pur
                              Pourtant mes lèvres sont asséchées encore de Son Azur.
                              Il frisonne et se dilate en mon âme.
                              A la fleur d'Or, il est un Nectar et j'y bois encore.


Océan sans rivage

Si le monde tourne rond


 
Drapeau de l'ONU (Organisation des Nations Unies)

Si le monde tourne rond ou à peu près,
Ce n'est ni du fait de ceux qui le dirigent
Et qui très souvent s'enchevêtrent dans les rets
Qu'ils tissent eux-mêmes, quand bien même ils érigent

Des tours de pouvoir pour se donner une hauteur,
Ni du fait de ceux qui parasitent le système
Dont la nature se prête à l'esprit fricoteur,
Ces deux mondes étant issus d'un même théorème

Qui consiste à mettre toutes choses en coupe réglée
Et qui n'ont de cesse que d'avoir tout déréglé.
Ce n'est pas davantage la masse exécutante

Qui le fait tourner rond car elle penche du côté
Des vents dominants, toujours prête à pivoter,
Ayant, comme la girouette, la vue tournoyante.

L'Abbé Théophile

Retour au Chemin des Étoiles


Blason de Kopernika (Slovaquie)

Gente Oie, dont nous avons suivi le chemin
(Quelques écrits conservent ici sa mémoire)
Eut, après son départ, de curieux lendemains.
Avait-elle retrouvé les instincts migratoires

De ses sœurs sauvages qu'elle regardait passer
À la fin de l'hiver, au-dessus de la ferme ?
Quand Gente Poule fut partie, elle en eut assez
De rester seule et prit la résolution ferme

De l'aller rejoindre. Mais dans quelle direction ?
Au Cloître peut-être, qui accueille en pension
Les cheminants et cheminantes de toutes espèces ?

Peut-être y reverrait-elle Maître Coq ?
Comme lui semble lointaine cette heureuse époque
Dont le souvenir, soudain, l'emplit de tristesse !


Blason de Granč-Petrovce (Slovaquie)

Quand l'Abbé Théophile rencontra Gente Oie,
Il lui trouva tant de douceur et tant de grâce,
Qu'il se prit d'amitié pour cette hôte de choix,
L'assurant qu'elle aurait céans toute sa place.

Mais ni Gente Poule, ni Maître Coq n'y étaient
Car partis, lui apprit-on, en pèlerinage,
Enveloppés de cette quête qui les revêtait ;
C'était leur seul et véritable patronage.

Nul ne retient un explorateur d'Infini
Car il n'est rien qui soit à jamais défini.
Ils n'ont jamais quitté le chemin des étoiles,

Car telle est la Voie du Par-delà que d'aller
Au bout de soi-même, sans jamais s'installer
À demeure nulle part, ni sur rien jeter un voile.

Marc


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ainsi que

jeudi 10 mai 2018

La Voie du Samouraï : Livre 51 et 52


Mon du clan Mitsugangi Ogi Janome

Livre 51

Lors que l’on se laisse à cette exclusive orientation, qui se formule intentionnellement en La Lumière, il est une porte qui s’ouvre à notre conscience et un couloir exigu apparaît. Or, paradoxalement, plus nous avançons en ce chemin étroit et plus L’Espace s’élargit. Nul ne peut imaginer combien cela est même singulier pour un Samouraï qui s’exerce assidûment. Ô fils aimé, sache que le commencement n’est pas celui que l’on croit. Nous apprenons à retrouver les gestes primordiaux que notre nature intrinsèque garde intacts, vierges de toute altération. Lors, nous enfilons, comme nous enfilerions un gant, tous les mouvements qui nous relient en L’Intelligence. De cette précision qui vient d’Elle, nous entrons en l’hébétude, car nous sommes en permanence à reconnaître Cela qui se vit et qui fait jaillir La Gratitude. Cette Reconnaissance est une expérience dont nous ne pouvons rien dire, lors même qu’Elle se dit en nous. Nous nous en approchons, nous en sentons la Présence, La Réalité, nous L’entendons même, car Elle est Verbe, et Elle nous donne l’acuité qui est jubilatoire. Nous ne sommes pas à nous auto-satisfaire, et comment le pourrions-nous ? Celui qui vit l’expérience de la déchirure n’est plus jamais comme avant. Il entre pleinement en ce Regard témoin qui le donne entièrement à La Contemplation, c’est-à-dire au Temps atemporel. Le commun se voudrait tout obtenir de cette paix, de cette Lumière, de ces ouvertures gnostiques sans faire aucun effort. Mais Il se trompe. La Terre est un Champ que l’on cultive. Tantôt nous plongeons nos mains jusqu’aux entrailles de notre Mère nourricière et tantôt, Elle est Celle qui nous couvre de Sa Mansuétude. Qu’est-ce donc que L’Harmonie ? La brise vient te caresser et dépose sur ta joue la tendresse, paroles fluviales  qui se veulent t’éveiller tout entier. Elle n’est pas à t’endormir. Elle réveille chacune de tes réalités. N’oublie pas cette bienveillance, Ô Samouraï, toi qui de ton épée fends l’invisible, car Elle est en toi ! Tu es tout occupé à la méditation. Ton ascèse est La Présence et Elle te donne à toi-même. Elle rectifie avec toi les sinuosités et t’apprend ce qu’est La Vie en cette Reliance ; elle est ton labyrinthe. Qu’est-ce donc que L’Harmonie si ce n’est La Cohésion ? Que peut signifier être dans Le Réel si Tu n’es pas à être en L’Unité de La Cohérence ? Mon maître tranchait, implacablement, et je l’ai vu tant de fois asséner des coups sur la tête de ses disciples. Lors de nos promenades méditatives, il lui arrivait de rompre le silence et de me dire soudainement : – Celui qui t’aime ne te trompe jamais. Il peut frapper dur, mais, il est à rectifier ce qui n’est pas bon. Il te dit : je ne te laisse pas dans l’erreur. Je n’entretiens pas ton illusion, car ce que j’aime pour moi-même, je l’aime aussi pour toi. Je lui demandai alors : Maître, est-il une erreur, quand tout est vrai au Regard du Vrai ? Le maître se tourna vers moi et plongea son regard intense jusqu’au plus intime de mon être. Il me parlait ainsi sans même que besoin se fasse sentir d’ouvrir la bouche. Un frisson me parcourut l’échine et je l’entendis : l’erreur est de ne pas voir l’erreur.

Mon du clan Kikurinbo

Livre 52

– Maître, l’injustice ne consiste-t-elle pas à entretenir le faux ? – Certes, mais lors que la vérité est lancée, le faux tombe tôt ou tard. Ne t’occupe pas de cela. La Lumière est puissante et c’est en Elle que L’Épée est tranchante. En nous, lors que le faux tombe, il tombe aussi partout. C’est Le Miracle du travail sur soi. En allant vers La Lumière, nous aidons les autres à y aller. Nous sommes fermes de par cette fermeté qui vient de La Nature essentielle et de cette Origine d’où nous venons et où nous retournons. La Lumière Divine fait Son Oeuvre et Celui qui s’en sépare volontairement, qui entretient le vice des hommes, périra sous L’Épée. Il suffit qu’un seul cœur reçoive La Lumière en cet Amour et en cette sincérité, et la face du monde change. Telle est La Prophétie des Assemblées Célestes. Tel est Le Samouraï qui oeuvre exclusivement pour La Lumière, en Elle et par Elle. Il ne cherche ni complaisance, ni retour. Il est en cette Joie perpétuelle qui unifie chaque instant en La Présence.  Il n’induit personne en erreur car il cultive sa terre proprement. Il prend soin de nettoyer son âme et d’être en la vigilance. Il sonde et balaye sans état d’âme ce qui nuit. Ainsi est Le Paysan qui laisse parler Sa Terre. Elle est langage qui se retrouve, elle est intuition, elle est Amour. L’Amour n’est pas un vulgaire commerce. L’Amour sait ce qui nuit à L’Amour. L’Amour est intelligence, Autel suprême consacré à Lui. Si tu trahis Cela, c’est toi que tu trahis. Si tu trompes l’autre de par ton ignorance, ta responsabilité est grave. La Bienveillance est de ne pas laisser l’autre dans l’illusion. S’il perçoit ton coup comme injuste, c’est qu’il est foncièrement dans sa propre injustice. Il laisse l’ombre le gagner et le séparer de Tout. Or, nous sommes reliés et de par cela nous sommes à revenir, quand bien même nous ne le savons pas. Le Paysan laissa la terre le guider et il lui offrit ses services. Il se mit à la voir, et il la laissa le regarder. Ce miroir le donnait tout entier à une douce présence lors que son âme entière palpitait de cette immense réalité. Il ne vit plus Le Jardin comme une simple consécration. Le Jardin entier se déployait en sa toute dimension. Il devenait telle une Corolle qui s’épanchait de Son essence. La Nature entière Le venait Le visiter. Mais plus que tout, Il vit une source exultante jaillir sous ses pieds. Il pleura l’indicible mystère qui l’avait fait grandir en cet Amour. La princesse qu’il aimait, était Le Jardin même de son âme. Enfin, il le comprenait.
© Océan sans rivage, La Voie du Samouraï

mercredi 9 mai 2018

Être de son temps


Blason du sieur Hausmann von Steckborn (Turgovie, Suisse)
Julius Rickenmann (1892-1946) Thurgauer Wappenbuch

Être de son temps, c'est comme être de nulle part
Car alors une feuille d'arbre l'est bien davantage,
N'ayant avec l'instant présent jamais d'écart,
Ni même ne faisant de son avoir le comptage.

La formule indique que l'on suit le courant,
Et peu importe dans quelle direction il coule,
L'essentiel étant de demeurer dans son rang,
Prêtant à d'autres les problèmes qui en découlent

Mais trouvant normal de vivre sous cette forme.
Qu'y a-t-il dans notre paix qui prépare la guerre ?*
C'est là une question que l'on ne se pose guère.

L'on se préoccupe d'être dans la bonne norme,
Confondant le compromis avec la complaisance,
Tout autant que l'insouciance avec l'innocence.

L'Abbé Théophile


* Lanza del Vasto (1901-1981)

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