Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

dimanche 24 septembre 2017

In Memoriam 1



Peinture de Eduard von Grützner (1846-1925)

Mon Frère Maurice, en moi de même vous demeurez,
Et le Cloître porte à jamais votre mémoire.
Nous qui avons tant ri ensemble, et même pleuré
Aux larmes, que nos corps nous semblaient des passoires !

Si la Lumière fraternelle éclaire le passé,
Celle de l'Esprit, depuis les profondeurs d'une cave
Où nos pauvres âmes faillirent rester enchâssées,
Illumine le chemin et dissout les entraves.

Plus d'une fois, d'avoir trop vu le fond du tonneau,
Nous a valu d'être mis au pain et à l'eau,
Prolongeant le Carême jusqu'à la Pentecôte.

Mais rien n'est si bas que l'on n'en puisse remonter,
Ni une ombre si forte pour s'en laisser conter.
Marchons ! De cette destinée, c'est Dieu notre Hôte !

Frère Eugène

Équinoxe d'Automne


Blason de Retzau (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Voici l'équinoxe d'automne, le Mabon celtique,
Jour de partition entre le jour et la nuit,
De la dormance de la terre le premier portique,
Qu'elle franchit non sans déverser encor ses fruits.

La générosité appelle la gratitude
Car les Anciens, qui l'arrosaient de leur sueur,
Avaient du sacré de toutes choses la certitude,
Avant que n'apparaisse la race des pollueurs,

Des mécréants et profanateurs de toutes sortes.
Vinrent ces temps où la plupart lâchèrent la charrue
Pour pulluler dans les villes et hanter leurs rues.

Aujourd'hui, c'est un mauvais vent qui les emporte.
D'avoir oublié d'où ils viennent, ils ne savent plus
Où ils vont, cherchant à leur vie un sens perdu.

Marc

samedi 23 septembre 2017

Frère Maurice en sa souvenance


Blason de La famille Leiza (Labourd)

D'azur à cinq étoiles d'or (alias : d'argent), accompagnées en pointe
d'une onde d'argent et d'azur chargée d'un poisson d'argent.

Mon Frère Eugène, toujours en moi, vous demeurez,
Et L'Amitié pleure plus d'une fois de langueur.
Apprendre nous ramène souvent à nos heures,
Qui savent trouver en La Lumière, pleine Fraternité.

Je suis en cette pensée, qui est aussi la vôtre.
Je sais mesurer, Ô combien, vous me manquez !
Sur ce sentier, l'on a fait de moi, l'étranger, un hôte.
J'entends encore le silence des campagnes esseulées.

L'Amour est une douce fleur au cœur qui submerge.
Je vous envoie cette missive et vous fais cette accolade.
De mes mains, je tapote le dos d'un frère, d'un Ami.

Le Monde va mal, certes, j'en sais l'illusion amère.
Lors que j'ai souvenir de votre rire colossal,
Le ciel me semble soudain d'étoiles plus rempli.

Océan sans rivage

vendredi 22 septembre 2017

À la saint Maurice


Blason de Rabastens-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées, Occitanie)

De gueules au chevron d'or accompagné de trois raves d'argent feuillées
de sinople, à la fleur de lys d'or brochant en abîme sur le chevron.


Le dicton du jour indique que la saint Maurice
Marque le calendrier des bons jardiniers :
Ce que tu sèmes, tu le récoltes à ton caprice :
Laitues d'hiver, épinards, mâche, sans oublier

Le chou cabus, le persil frisé, très rustique,
Et les navets, le jaune en premier, dit boule d'or,
Recommandé contre les troubles anémiques,
Toutes maladies de poitrine et que sais-je encor !

Sinon, saint Maurice ferme les portes de l'été
Car le lendemain, c'est le début de l'automne.
Me revient en mémoire une chanson que je fredonne ;

Elle évoque les colchiques qui fleurissent dans les prés,
Les châtaignes dans les bois, aussi, qui se fendent
Sous nos pas, et dont nos bouches sont si friandes.

Marc

Blason d'Isola (Alpes-Maritimes, Alpes-Provence-Côte d'Azur)

D'azur à la bande ondée d'argent, accompagnée en chef de deux clefs d'or
passées en sautoir et en pointe de trois châtaignes du même ordonnées en bande.

Ab oculos 3


Une causerie de Frère Eugène

Blason de la Maison Visconti (Lombardie, 1395)

Quand une société se fonde sur l'utilitaire,
Où tout, à ces seules fins, devient son instrument,
La dimension humaine chute au rang secondaire
Et l'homme se retrouve déclassé, fatalement.

En un tel système, il n'est ni cœur, ni âme,
Tout n'étant que rationnel paramètre.
L'esprit de lucre, pour pouvoir tisser sa trame,
Démaille le Vivant, sans le vouloir paraître.

Quand il parle, il met du sucre dans sa bouche
Car c'est de cette façon que l'on attrape les mouches.
Vieille comme l'est le monde, la tactique est éprouvée.

Le flatteur est vil ; le flatté l'est davantage
Dès lors qu'il donne prise aux pensées de bas-étage.
Plus d'un y consent, de peur d'être réprouvé.

Frère Eugène

Ab oculos 2


Une causerie de Frère Eugène

 
Blason de la municipalité d'Oberschleißheim (Bavière, Allemagne)
 
Mes frères, quand je dis qu'il ne faut rien attendre
Du monde, nullement ces mots s'inspirent d'une logique
De rejet, ce serait du propos se méprendre.
Au demeurant, cette vérité n'est pas tragique.

De même, qu'il ne faille rien projeter sur autrui
Relève tout bonnement d'une pensée réaliste
Car ce que l'homme, sans relâche, toute sa vie poursuit
Et projette ailleurs de manière idéaliste

Est en lui-même plus sûrement qu'à l'extérieur.
La vraie liberté, à toute autre supérieure,
Est de le réaliser en une claire conscience

Et ainsi cesser d'établir des relations
Fondées uniquement sur la compensation,
Car elles sont à la source de bien des souffrances. 

Frère Eugène


Lire aussi Ab oculos 1

jeudi 21 septembre 2017

Instant Béni


Blason de Combre (Loire) 

De gueules à la cotice ondée d’argent, accompagnée en chef d’un
dauphin d’or et en pointe d’un arc du même versé et posé en bande.
 

Le Ciel saupoudre de ses nuages, des tracés
Qu'un poisson joyeux traverse en faisant un saut.
Il est de Ses Ailes, tel un Ange sorti des Eaux.
Son élan radieux d'Azur est de toute Beauté.

Est-ce plutôt de voir encor Le Fleuve au diapason,
Avec ces danses de Bonheur, que rien n'efface ?
Si Tu es en cette Révérence, alors il est une exaltation.
C'est un Jour Béni et nous sommes en ce face à face !

Ont frémi les roches sous nos pieds alanguis,
Bientôt, les bosquets sont en nos rêves attendris.
Des étreintes du lierre qu'un Arbre accueille,

Voici nos prières, nos douceurs, et s'élance
L'oiseau, ce Héron venu de L'Ailleurs, jusqu'au seuil
De mon cœur, lors que L'Amour s'unit au Silence.

Océan sans rivage

Blason de Kransberg (Hesse, Allemagne)

Ab oculos 1


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Dietramszell (Bavière, Allemagne)

Les apparences sont trompeuses, on le dit assez,
Mais elles le sont généralement de manière
Inconsciente, sans qu'il y ait une intention derrière.
La plupart méconnaissent ce côté diphasé

De leur personne, aux prises avec le personnage
Qu'ils sont à jouer, auquel ils s'identifient
Et que le miroir social rend et certifie,
Selon les conventions qui lui servent de bornage.

Il en est ainsi, à quoi bon s'en affliger !
L'essentiel est de n'être simplement pas dupe
Et de choisir ce qui vraiment nous préoccupe.

Afin de n'être point de ce monde l'obligé,
L'on se doit garder d'avoir de lui quelqu'attente,
Quitte à vivre seul dans le désert sous une tente.

Frère Eugène


Ab oculos : selon les yeux.

mercredi 20 septembre 2017

Poésie héraldique allemande - Harpstedt


Blason de Harpstedt (Basse-Saxe, Allemagne)

Auf blauem Grund eine goldene Harfe.

                                        Die Stadt stand, eine Harfe, auf dem Land,
                                        In Stein geschnitten, unter goldner Wolke;
                                        Aus ihren Türmen griff die große Hand,
                                        Aus ihrer Saitenschar ein Lied vom Volke.

                                        Da sirrten Räder durch den Arbeitssaal,
                                        Befehl und Fluch ward eine schöne Weise,
                                        In Hymnen glühte Flammenwall und Stahl,
                                        Und Schlotrauch warf sie auf zur Himmelsreise.

                                        Und Maler strichen pfeifend ihren Zaun,
                                        Und Tischler brummten vor den Hobelbänken;
                                        Ein armes Mädchen schrie im Abendgraun,
                                        Und Trinkerlärm quoll aus den offnen Schenken.

                                        Dann klang in Nacht der Töne Tropfenfall,
                                        In dunkle, altertümlich schwere Truhe,
                                        Und eine Mutter sang mit blauem Hall
                                        Ihr kleines wunderbares Kind zur Ruhe.

Gertrud Kolmar

Les Allégories du Jardin - Le Rossignol


Blason de Fredersdorf-Vogelsdorf (Brandebourg, Allemagne)

Allégorie 15 – Le Rossignol


Tandis qu’assis sur le bord du ruisseau qui sillonnait ce jardin, je prêtais mon attention au langage muet des fleurs qui l’embellissaient, tout à coup des voix éloquentes s’élevèrent des nids suspendus aux cimes des arbres qui me couvraient de leur ombre. J’entendis d’abord la voix mélodieuse du rossignol, qui, se promettant de séduire par la beauté de son chant, laissa échapper les secrets qu’il cachait avec soin, et sembla, dans son gazouillement emblématique, bégayer ces paroles :

Je suis un amant passionné, ivre d’amour, dévoré par la mélancolie et brûlé par la soif du désir. Lorsque tu verras le printemps arriver, et la nature entière reprendre alors un aspect riant, tu me trouveras tout joyeux dans les jardins, où tu m’apercevras çà et là dans les bosquets, soupirant mes amours, chantant et sautillant sans cesse sur les branches. Si l’on me présente la coupe, je m’y désaltère, et, satisfait du son harmonieux de ma voix, ivre de l’odeur embaumée que je respire, lorsque les feuilles mobiles frémissent au souffle caressant du zéphyr, je me balance sur les rameaux agités : les fleurs, et le ruisseau qui traverse la prairie, occupent tous mes moments, et sont pour moi comme une fête perpétuelle. Tu t’imagines pour cela que je suis un amant folâtre ; tu te trompes ; j’en fais le serment et je ne suis point parjure. Mon chant est le chant de la douleur, et non celui de la joie ; les sons que je fais entendre sont les accents de la tristesse, et non ceux du plaisir. Toutes les fois que je voltige dans un jardin, je balbutie l’affliction qui va bientôt remplacer la gaieté qui y règne ; si je suis dans un lieu agréable, je gémis sur sa ruine prochaine ; si j’aperçois une société brillante, je pleure sur sa séparation. En effet, je n’ai jamais vu de félicité durable ; la paix la plus douce est bientôt troublée, la vie la plus délicieuse devient bientôt amère. J’ai lu d’ailleurs dans les écrits allégoriques des sages, ces mots du Coran : Tout passe dans le monde présent. Comment donc ne point gémir sur une situation si peu assurée, sur un temps exposé aux vicissitudes de la fortune, sur une vie qui s’évanouit, sur un instant de volupté qui va finir ! Voilà l’explication de ma conduite ; je pense que Cela te suffit.

Ce qui seul soutient mon existence, c’est de m’entretenir de ce lieu sacré, séjour inaccessible de celle que j’adore. Ne me blâme point, si tant de fois je répète les chants de mon amour ; quel mortel ne serait pas ivre de volupté, en pensant à un jardin où des plantes odorantes embaument l’air de leur parfum, ou des vins délicieux excitent au plaisir, ou des fleurs dont rien n’égale le charme et la beauté, ornent la terre d’un tapis nuancé, ici d’un blanc pur ou d’un rouge éclatant, la d’un vert tendre, plus loin d’un jaune foncé ! Le ruisseau, les fleurs, les rameaux, semblent s’agiter dans l’arène de mon amour, au son des cordes de ma lyre. Les obstacles cessent, et je vois arriver enfin l’heureux moment du bonheur... Douces pensées, vous êtes ma vie ; sans vous elle finirait.

Automne en forêt


Blason de Titisee-Neustadt (Bade-Wurtemberg, Allemagne)

L’écureuil, dans un grand silence,
En haut d’un arbre s’est placé ;
Il exerce sa vigilance
Sur le sous-bois sombre et glacé.

Il écoute une voix divine,
Les mots sont par lui retenus ;
Mais cela, nul ne le devine
En contemplant cet arbre nu.

La brise d’automne est si tendre
Que presque, on ne la ressent pas ;
Le bel écureuil semble attendre
Quelqu’un, qui vient, à petits pas.

Cochonfucius


Lire aussi    Sagesse de l'écureuil
                    Le réveil d'un écureuil

Dans l'âtre du Cloître (7)


Une causerie de Frère Eugène - Le raisin de table

Blason de Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Indre-et-Loire, Centre- Val de Loire)

De sinople au tonneau d'or posé en pal en pointe, à la crosse du même brochante, à deux pampres de vignes d'or mouvant du tonneau et passés en sautoir, chargés de trois grappes de raisin de pourpre l'une brochant en abîme, les deux autres en flancs, accompagnés de deux roses d'or, une dans chaque canton du chef.

Le raisin de saison inspire un saint régime,
L'on en peut manger son saoul, sans retenue,
Ou le boire en jus, c'est toujours bon millésime ;
Sur toutes les bonnes tables, il est le bienvenu.

Le raisin est à merveille le fruit du tonus
Car il contient du glucose et force vitamines ;
Fer, magnésium et potassium viennent en bonus ;
De plus, son action fluidifiante draine les toxines.

L'on aura soin de ne pas cracher les pépins
Car ils portent en eux des polyphénols qui piègent
Les radicaux libres dont on est bien certain

Qu'ils sont une cause du vieillissement de la peau.
Bref, tant le raisin nous renforce et protège,
Que nous lui tirons notre chapeau !

Frère Eugène

Blason de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne, Ile-de-France)

D'azur semé de fleurs de lis d'or au chef cousu de gueules
chargé de trois grappes de raisin tigées et feuillées d'or.

Point cardinal


Une causerie de Frère Eugène

Peinture de Jehan Georges Vibert (1840-1902)

Plus d'un se rêve, sinon une promotion, du moins
Une belle augmentation, s'estimant du mérite,
Sans doute à raison, étant de lui-même témoin.
Mais c'est souvent d'ingratitude dont on hérite.

Quant à moi, si l'on me voulait nommer abbé
Et qu'il me faudrait, pour ce, quitter ma cuisine,
Ne croyez pas que j'en aurais le torse bombé,
Ne sachant plus me déplacer qu'en limousine.

Je ne suis pas d'esprit à porter la mitre
Et me veux être très clair sur ce chapitre :
Rien, jamais, ne me fera quitter mes marmites,

Quand même je porterais la robe de cardinal !
Du reste, je suis peu porté au doctrinal,
N'étant pas du genre à m'imposer des limites.

Frère Eugène

Les armoiries du (futur) Cardinal Eugène
(inspirées du blason de la commune de Crémines, Jura bernois, Suisse)

Lire aussi   
Le roi de la marmite

Les petits ruisseaux


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Kaltenbach (Tyrol, Autriche)

Dans un monde où l'argent-roi est l'unique valeur,
C'est-à-dire où c'est l'avoir qui tout conditionne,
S'en reviennent, comme les saisons, malheurs et douleur.
Ce cercle vicieux, c'est en chacun qu'il s'actionne

Et c'est là même qu'il faut lui serrer le garrot.
Les petits ruisseaux, dit-on, font les grandes rivières ;
Ainsi en est-il des mouvements généraux :
Nés des confluences des actions particulières.

La chose fut mille fois dites et autant répétée ;
Mais peu le veulent entendre, encore moins l'appliquent ;
L'état des lieux est, en plus grand, notre réplique.

Que nous vaut, sur maints visages, cet air hébété ?
L'on s'étonne d'un monde qu'on a aidé à construire,
Puis l'on s'afflige de ce qu'il soit à nous détruire.

Frère Eugène


Lire aussi     Sagesse de Bossuet
       Tour de roue

mardi 19 septembre 2017

Mondes parallèles


Blason d'Alverdissen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Les crépuscules, à Paris, sont de toute splendeur ;
Le ciel devient le miroir de mondes parallèles
Et, de l'apparent, nous révèle la profondeur ;
Le regard plonge en une vision intemporelle

Qu'un Peintre Céleste avive de mille couleurs,
Courant des teintes océanes aux rouges d'incandescence.
Les nuages ont l'air de dragons caracoleurs
Qui semblent démontrer leur inquiétante puissance

Et comme inspirer, même, des prémices ténébreuses...
Des montagnes s'érigent et des vallées se creusent ;
L'ailleurs se profile en l'à-venir qui s'écrit.

Mais dans la rue, aucun passant ne lève la tête ;
Ils ont l'air de zombies marchant à l'aveuglette,
Enfermés dans leur bulle dont l'Autre est proscrit.

Marc

L'Âme


En Écho à Clavis aurea 4

Blason de Wadersloh (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne)

Depuis qu'il marche lentement, Frère Maurice
Entend Le Vent lui rapporter des nouvelles.
En compagnie de Sages, il fait son office.
Plus que tout, il ne sait plus rien, excepté ce Rappel :


Ni fatigue ne l'essouffle, ni obscurité
Ne l'entrave. En Elle, est La Vie qui danse,
L'Âme est Éternité ondoyante de Beauté.
Les yeux touchent les vérités de La Béance.

Pudeur extrême et Joie exaltée de Lumière.
L'Infini est cette approche que Lui est à donner.
Lors que tu avances, Le Seigneur, en ce subtil Mystère,
De par Son Désir, court vers toi, Son Bien-Aimé.

L'Âme s'émancipe des liens qui l'alourdissent,
Elle sait de par une Sagesse sûre, et de par Son Décret,
Que Lui est à l'attirer vers La Liberté.

Elle a connu son ignorance et sa mendicité.
En cette Vacuité, à La Coupe, les lèvres s'unissent.
Dieu en Lui, est Le Seul à vivre ce Secret.

Frère Maurice

lundi 18 septembre 2017

Les odeurs de l'été



Blason de Les Mureaux (Yvelines, Ile-de-France)

D'azur au mur d'enceinte crénelé d'or maçonné de sable, soutenu par une onde d'argent mouvant de la pointe, la porte ouverte du champ chargée d'une ancre d'or, surchargée d'un vol d'argent et d'une étoile tous deux d'argent, le mur surmonté de trois mûres du même tigées et feuillées d'or.

Le long des prés de ronces bordés, la mûre pourpre
S'est gorgée de soleil et se promet juteuse.
Nous prendrons une bassine de cuivre bien propre
Pour faire chanter tout en douceur les baies goûteuses.

L'on en tirera, selon la cueillette, dix pots
D'une gelée onctueuse ou bien d'une confiture
Savoureuse que l'on conservera en dépôt
Dans le placard, dans l'attente des temps de froidure

Où les odeurs de l'été passé reviendront
Parfumer la table garnie, dans la cuisine.
L'on trempera, dans le café chaud, les tartines,

Lors qu'au-dehors, les dernières feuilles danseront
Dans le vent, comme pour faire une ultime révérence
À l'an vieux dont nous aurons heureuse souvenance.

Marc


Blason de La Mure-Argens (Alpes-de-Haute-Provence)

D’or à une fasce d’azur, accompagnée de trois mûres de pourpre,
tigées et feuillées de sinople, deux en chef et une en pointe.


Lire aussi
Arrière-saison

Les Allégories du Jardin - La Nue


Blason de Fjällsjö landskommun (Suède)

Allégorie 14 – La Nue

          Lorsque la nue crut que le moment était favorable pour faire entendre son langage emblématique, elle répandit des pleurs, s’étendit et ’s'agita dans le vague des airs, et sembla prononcer ces mots :

         Végétaux, pouvez-vous méconnaître les bienfaits dont je vous comble, moi qui favorise votre croissance de mon ombre et de ma pluie ! N’êtes-vous pas les enfants de ma libéralité ! pourriez-vous même exister sans moi ! Grâce à ma bienfaisance, les champs ne se couvrent-ils pas d’épis dorés, lamer ne s’enrichit-elle pas de perles étincelantes ! Je nourris les germes des plantes dans le sein de leur mère, et je les dé- barrasse peu à peu de ce qui gênait leur croissance. Quand ensuite les graines, comme la femme féconde, ont mis au monde leurs embryons, et que j’ai fait paraître les jeunes plantes hors du creux de sable où elles étaient, je me charge d’en avoir soin et de les élever, et la mamelle de mes bienfaits, comme celle d’une femelle de chameau au lait abondant, ne cesse de leur fournir l’eau nécessaire à leur développement progressif. Mais lorsque le temps de l’allaitement est fini, et que le moment du sevrage arrive, alors je cesse de leur tendre mes mamelles ; aussi se dessèchent-elles bientôt, et ce ne sont que mes larmes abondantes qui les rendent à la vie, et que les gouttes de mes pleurs généreux, qui leur redonnent la fraicheur. Tous les êtres qui existent sont vraiment mes enfants ; n’a-t-on pas en effet entendu dans toutes les tribus ce passage du Coran : Nous avons donné la vie à chaque être par le moyen de l’eau !

           Lorsque je vois ce pavillon printanier, jadis séjour de ma maîtresse, aujourd’hui vide et inhabité, je ne puis m’empêcher de verser des pleurs semblables à ceux que tu répands dans une ondée légère. L’amant laisse échapper des larmes de joie, tandis que l’éclair semble sourire, et que le zéphyr de l’espérance apporte à son oreille de douces nouvelles ; il soupire alors amoureusement, en se tournant vers les vestiges, à demi effacés, de l’habitation de son amie.

        Ne lui fais pas de reproches sur son amour, ne blâme point sa passion ; tu n’apporterais aucun remède à ses maux. Pour, toi, laisse ces violents désirs ; une ardeur brûlante, un chagrin dévorant, voilà ce que tu en retirerais.


Trompe-l'œil


Blason de la municipalité de Ruhla (Thuringe, Allemagne)

Me suffirait-il d'avoir la tête bien remplie
Et, pour m'en prévaloir, d'user de rhétorique,
Lors que je ne saurais pas même comment l'on plie
Une chemise ! Que me vaut un savoir théorique

Si je ne sais pas planter un clou dans un mur !
Une tête bien faite n'exclut jamais la main adroite.
Si les neurones me doivent rendre mou du fémur,
Les pensées en sortant me sembleront étroites .

L'on nourrit, dans ce pays, un profond mépris
Pour le travail manuel. L'on est même surpris
Que cette fâcheuse mentalité demeure vivace.

L'on s'affiche, sans peine, égalitaire par devant,
Mais l'on ne boude pas les privilèges pour autant.
Un trompe-l'œil n'est jamais qu'une peinture de surface.

Frère Eugène

Clavis aurea 4


Une causerie de Frère Eugène

Blason de Callas (Var, Provence-Alpes-Côte d'Azur)

De gueules à la devise d'argent, accompagnée en chef d'une fleur de lys
au pied nourri d'or et en pointe d'une échelle posée en pal du même.

Chacun est lié à sa nature, c'est en elle
Qu'il nous faut chercher et trouver la perfection ;
C'est là aussi, en l'intime, que se pose l'échelle
De notre conscience pour l'intérieure ascension.

Si les Traditions offrent un cadre propice,
Les modélisations se peuvent suivre un temps.
Puis arrive un point où il n'est plus de notice,
Car le Multiple n'est pas l'Un se répétant.

Pour m'exprimer d'une manière plus conventionnelle,
Je dirais : la relation à Dieu est personnelle,
Unique et totale ; il n'y a que Lui et moi !

C'est la première porte de la conscience cosmique,
Où notre unicité se fond en L'un Unique
Et Même, et où le Moi qui meurt renaît au Soi.

Frère Eugène

dimanche 17 septembre 2017

Les petites fées


Blason de Kungsbacka (Suède)


Les petites fées sont de l'enfance la pleine réalité.
Te souviens-tu ma sœur comme la maison devenait la forêt de Brocéliande, et comme une journée devenait à elle-seule, l’Éternité ?
Nos yeux voyageaient à travers les bosquets et les mousses enchantées.
Nous volions comme emportées par la saveur des branchages luxuriants.
La Terre nous enlaçait des bruyères sauvages, et les champignons exhalaient les chaudes présences de leur humus délicat.
Je ne savais plus si j'étais à exister.
La Beauté nous étreignait si vivement que je me mettais à rire.
Souvent, nous levions les bras et chantions.
Comment aurions-nous pu parler ?
Seul le chant nous prenait en otage de son ardente douceur.
Nous avions signé ce fameux pacte des fées.
Tu étais Morgane et j'étais Éléonore.
La forêt nous révélait les moments magiques de ses sous-bois et nous nous couchions à la belle étoile.
Le loup ne nous faisait pas peur, et le renard était notre ami.
Parfois, c'est une grenouille qui nous suivait partout.
Je l'observais longtemps et je la trouvais si belle !
Une chose si verte ! Une chose si vivante !
Nous nous allongions sur les bruyères hospitalières, et nous laissions le doux vent nous caresser les cheveux, ou bien était-ce nos mollets ?
Fée Morgane, nous devons aller au plus profond de la forêt, car, il est un secret étrange qui nous y attend !
Peut-être rencontrerons-nous Merlin ?
Nous serons sages et nous le laisserons nous parler.
Il nous apprendra tout sur tout !
Si si, te dis-je !
Dans les vieux grimoires, j'ai lu de merveilleux récits.
Mais, chut ! Dormons au pied du lierre.
Demain, je te raconterai l'histoire des sept cerfs volants.
Il paraît qu'ils ont réussi à quitter cette sphère, et qu'à présent, ils séjournent dans la forêt bleue.
Une forêt bleue, me demandes-tu ?
Oui, je sais, cela semble improbable. Mais ne l'oublie pas, tu es Morgane et je suis Eléonore.

Océan sans rivage


Peinture préraphaélite représentant une fée
Sophie Anderson (1823 - 1903)

Une petite pierre au bord de l'eau


Blason de Muldenstein (Saxe-Anhalt, Allemagne)

Je te cherche sur un chemin,
Tu ne viens pas.
Je suis en cette mélancolie du Ciel qui m'étreint.
Ai-je un sursaut, une vision ?
Les petites abeilles s'accrochent à mon regard du pollen des minuscules fleurs.
Des chaleurs du Zénith, mon corps souffre plus que de raison.
Ce sont les herbes au creux des rocailles qui sont à me raconter la nostalgie.
Le monde est nouveau ! m'exclamé-je.
Il n'a jamais cessé d'être en Ta Présence, puisque Tu es Celui qui veille jour et nuit.
Ce sont les longues solitudes que je cherche pour être enfin en Ta Compagnie.
Je T'ai dit : Tu as volé mon cœur, et je Te l'ai aussi offert sans hésitation !
Le soleil me donne cette lancinante tristesse des ardents rayons.
Il est brûlant en ce chemin où l'ombre se cache sous les pierres.
J'en ai retourné quelques unes, mais l'ombre fuit de son espièglerie.
Alors, je ne peux m'empêcher de sourire.
Je marche comme accablée, mais en fait, je ne le suis nullement.
J'entends le ruisseau et L'Eau qui est mon Amie, m'appelle.
Elle me dit au creux de l'oreille : je chante pour toi qui m'écoute attentivement.
Je lui réponds : Ô Eau ! Je suis gourmande de tes danses douces qui ondoient sur le cristal des roches.
Voici que nous rions toutes les deux !
Elle me confie le secret de son grand voyage.
Un jour, dit-elle, tu comprendras que la douceur est une pierre polie.
Je sais, car j'ai toujours souhaité être une petite pierre au bord de l'eau !

Océan sans rivage

Le chant du soir


Blason de Mellenbach-Glasbach (Thuringe, Allemagne)

                                             Les rayons d'or du soleil roussi,
                                             Par la longue journée accomplie,
                                             Obliquent sur le quartier
                                             Où encore quelques enfants se sont attardés.

                                             Le gazouillis si gracile des moineaux,
                                             Effleure le bord des rues,
                                             Ou bien traverse-t-il l'oubli venu,
                                             Au soir d'un printemps nouveau ?

                                             Les aboiements d'un chien
                                             Errant sur l'inévitable goudron,
                                             Assiettes, marmites, chaudrons :
                                             Les fourchettes remuent la faim.

                                             Odeur de brise, lenteur des nuages,
                                             Répand son parfum sauvage,
                                             Vient transpercer l'aile des oiseaux,
                                             La quiétude du soir vole là-haut.

Océan sans rivage