Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

dimanche 4 décembre 2016

Le renard en héraldique



Le renard est généralement associé à la flatterie, au mensonge, à la malice, à la ruse et donc à la tromperie. Cela n'arrange pas sa réputation de nuisible, entretenue par les chasseurs dont on sait que beaucoup s'abritent derrière maints prétextes pour jouer de la gâchette en bonne conscience. On retrouve cet animal couramment en héraldique.


Sagesse de Renard

Blason de Pierrevert (Alpes-de-Haute-Provence)
(Dessiné par Jean-Paul Fernon)

Coupé: au 1er de gueules au renard d'or, la tête de front,
arrêté sur un mont du même, au 2e d'or à la bande de sable.


En cette clairière, subrepticement, tu m'as fixée du regard si intensément.
Soudain, ai-je su que tu étais à me voir ?
Ai-je su que tu étais en cette pleine apparition ?
Qu'es-tu donc à me dire ?
N'es-tu pas celui qui nous visite en notre maisonnée, durant cette veillée que toi seul apprivoises ?
J'ai couru sur les sentiers pour te retrouver, car, de toi, j'ai beaucoup appris.
Tantôt tu me sembles un grand farceur dont il faut se méfier, et tantôt tu es le maître que j'aime patiemment écouter.
C'est en ces bois que j'ai aimé te rencontrer et ton poil fauve est semblable à une lumière qui cherche à percer les grands mystères.
Je ne me suis pas trompée.
J'ai vu que tu me voyais.
J'ai aimé que tu vois ce qu'il y a en moi.
Dès lors, j'ai pu comprendre l'image que tu étais à me renvoyer.
Tu n'es pas un trompeur.
Ton regard perce et va droit au cœur.
En cet écrin de verdure, les rais du soleil ont tracé un chemin.
C'est ainsi que celui qui te rencontre peut comprendre.
Es-tu un ami ?
J'ai su que ta proximité est une science et tu es à me dire que tout est dans le regard intérieur.
Tout est Lumière.
Tu m'as dit aussi : observe bien et va lentement.
Il existe deux sortes de feu. L'un brûle et ne donne rien. L'autre est une flamme dans la Nuit.
J'ai étudié ton corps entier et il m'a révélé ses secrets.
Tu m'as dit : prends ton temps. En lui, il est une sagesse.
J'ai vu comment tu t'élançais en cette vallée.
Tu m'as dit : mes pas sont feutrés et je m'entends marcher. Il n'est pas un seul bond que je ne fais sans en mesurer l'impact.
J'ai fondu en la couleur chatoyante de tes mouvements.
Tu m'as dit : c'est en ton cœur que Les mondes ondoient.
Tu m'as laissée venir tout près de toi.
Je t'ai entendu me dire : tout périt excepté Le Grand Secret.
J'ai alors su.

Océan sans rivage

Histoire d'un frère et d'une sœur (3)

Illustration de Norman Rockwell (1894-1978) pour Little woman, de Louisa May Alcott (1832-1888)


C’est être en cet accord secret, que sont à se recueillir, en L’Esprit d’immédiateté, les flux abondants de La Juste Présence.
Vois comme les effluves viennent de cette extinction, lors que Rien s’efface et que Tout apparaît.
C’est en ce bruissement pur du moment que sont à éclore les vagues de L’Êtreté.
Vois comme Cela Se fait une Révérence et comme Cela est à Se laisser regarder.
Les yeux sont grands ouverts devant les jaillissements de Son Essence.
Je ne soufflerai pas le Mystère.
Je ne Le divulguerai pas.
Je Le laisserai juste Être.
Il est là.
Se révélant en Sa Juste Grâce.
Se cherchant en Son occultation.
Se reconnaissant en Sa Vibration.


Mon frère, seize années de ma vie se sont écoulées.
Je suis en cette chambre, dans la pénombre d’un hiver.
Au loin, des lumières scintillent et j’entends le bruit des gens qui s’animent à travers ces vitres.
Il est alors à se vivre cette cruciale plongée et je me sens à la fois être et disparaître.
Le vide m’étreint et me glace.
Il est à me dire des choses que je sais se bousculer en cette effervescente intensité.
Le froid est soudain comme mille étendues qui appellent les profondeurs, ces profondeurs que l’on sait avoir un sens, être aussi une beauté qui tremble et qui n’a qu’un Nom.
Il veut jaillir.
Je ne Le laisse pas.
Il est si Grand, qu’Il ne peut apparaître.
Ce n’est pas encore le moment.
Le regard a plongé si loin qu’il en revient avec une force qui lui donne toute la Vie, toute Sa Puissance Universelle.
Mon frère.
Je me voulais te rejoindre.
Tu es si loin que je n’ose pas te toucher.
Et comment cela se peut-il être ?
Mille voiles nous séparent encore.
Le temps s’est plié en ce souffle que j’ai retenu.
Tu as levé la tête.
Mille voiles et ce sont eux qui nous rapprochent.
La nuit m’a enveloppée.
J’aimerais encore jouer sur le bord des trottoirs.
Nous chantions et faisions des rondes.
Je devenais ce coq que tu plaçais à l’arrière de ton vélo, aménagé de quelques bâtons.
Entre nous, je faisais le fier, et gardais bien le torse bombé, pourtant, comme j’avais peur !
Je me suis accrochée de toutes mes griffes.
Ne m’as-tu pas vu rouler des yeux ?
J’ai aimé que tu me promènes partout ainsi.
Les passants souriaient.
Personne ne pouvait se douter que j’étais là.
Même pas toi !
Je t’ai accompagné partout.
Une sœur ne perd jamais de vue son frère.
Je me glissais souvent dans une de tes poches.
Je ne faisais pas toujours le bon choix : elle était la plus part du temps trouée !
Une nuit, en secret, je t’ai emmené jusqu’à ma petite cabane dans l’arbre.
J’avais couché de la bruyère sur le sol, et tressé des feuilles qui devenaient alors des cloisons bien vertes.
Je t’installais près de moi et te lisais les légendes de l’ancien monde.

Puis, au petit matin, je te ramenais chez toi.
Je te quittais avec une nostalgie qui me tenaillait le ventre.

Le vide de toi.
Le plein de toi.
C’est dans le froid de l’hiver que j’avais le plus chaud de nous.
Je courais si vite que tu ne semblais pas me rattraper.
J’avais le souffle coupé !
Je riais pour masquer ma défaite.
Ce jeu de chat qui me laissait toujours comme hébétée.
Des chats, il y en avait partout.
Je me souviens que j’avais une peur bleue de descendre à la cave.
Lors que je m’y rendais, j’appuyais sur tous les interrupteurs pour que la lumière éclaire ce lieu devenu hostile à la nuit tombée.
Des chats noirs bondissaient, leurs yeux jaunes m’impressionnaient.
Je t’ai souvent tenu la main.
Je m’attendais toujours à en voir surgir un.
Tout le long du parcours, je me préparais mentalement : je sais qu’un chat est là. Il va avoir aussi peur que moi. Je le laisserai sauter et il s’enfuira. Il ne peut rien m’arriver de mal !
Je me répétais cela jusqu’au seuil de la porte. Je bloquais ma respiration.
Il y en avait toujours un qui bondissait depuis le rebord de la fenêtre.
Mon frère, si tu savais comme je tremblais de peur !
De grosses larmes roulaient sur mes joues d’enfant.
Je n’ai jamais osé avouer à ma mère que j’étais pétrifiée.
Je me disais qu’elle devait bien le savoir.
La peur s’apprivoise dans le noir d’une cave.
Oh oui, mon frère !
Ta petite sœur a souvent éprouvé ces sortes d’angoisse qui font perler de sueur le front.
C’est sans doute pour cela que nous savons rire aujourd’hui !

Océan sans rivage

Blasons de Guevenatten (Haut-Rhin, Alsace) et de Branne (Doubs, Franche-Comté)

Poésie héraldique allemande - Tütz

Blason de Tütz (Poméranie Occidentale, Prusse ancienne, actuel Tuczno, Pologne)

Auf Silbergrund eine Jungfrau in blauem Kleide,
die mit jeder Hand ein rotes Rad emporhält
.



Es dreht sich meines rechten Rades Nabe.
Wenn Tag und Kleider ich gelassen habe,
Aus Sternennebeln tritt ein kleiner Knabe.

Er müht sich strauchelnd durch der Betten Wust
Und setzt den nackten Fuß auf meine Brust,

Die reinen Füße auf ein weißes Kissen.
Er steht ob meinem Leben ohne Wissen

Und schaut und lächelt: wie mein Haar zerzaust,
Ein Qualschrei keuchend ringt mit meiner Faust,

Viel winz'ge Ängste fest mein Herz umkrallen,
Daß es nicht klopfen möge und er fallen.

Dann treibt er fort. Und Schwärze hockt, ein Rabe.
Es dreht sich meines linken Rades Nabe.
Ich träumte lebend, träume nun im Grabe.

Gertrud Kolmar

Maître Coq en son loyal hommage

Blason de Champonnay (département du Rhône, Lyonnais)

Je suis né d'une maison de hardis hobereaux
Qui croisèrent leurs ergots sur maints champs de bataille.
Chez nous, l'on ne se rend pas, l'on meurt en héros,
Après un vaillant combat d'estoc et de taille.

Que l'on entende sonner le cor de l'Ost royal,
Nous voici prompts à courir, toutes affaires cessantes,
Pour rendre au Vrai Roi notre hommage loyal.
Sa Main posée est à elle seule anoblissante.

Il n'est de récompense que de Le bien servir ;
C'est notre fierté, nul ne nous la peut ravir.
D'azur baigne nos cœurs vifs d'une ardeur fidèle,

Lors que notre plumage se pare du plus bel or.
Ce nous donne une allure altière, de prime abord,
Mais c'est la Lumière de l'Amour qui nous modèle.

Marc
_____

D'azur aux trois coqs d'or barbés et crêtés de gueules,
au chef cousu du même chargé d'un lion léopardé aussi d'or.

Maître Coq et les portes du Jardin d'Éden

Blason de Saint-Vincent-en-Bresse (Saône-et-Loire, Bourgogne-Franche-Comté)

Nul chemin qui ne s'élève ne peut converger ;
Les vraies rencontres le sont sur voies ascendantes,
Lors que les âmes sont parvenues à émerger
Du psychique dont elles ne sont plus dépendantes.

Depuis l'infime grain de poussière jusqu'à l'esprit
Le plus éveillé, rien n'existe en soi pour soi.
Ce fut une Aube du Monde, le jour où j'ai compris
Cela, et rien de rien, si pauvre que l'on soit,

Jamais ne saurait dépasser cette pleine mesure !
La vraie Joie se trouve à l'abri de toute usure
Quand elle puise dans un Trésor que rien ne corrompt.

Alors du Jardin d'Éden se rouvrent les portes.
Telle est la Bonne Nouvelle que je vous apporte :
Sertie d'Amour, la Lumière ouvre tout bourgeon.

Marc
_____

Tiercé en pairle renversé au 1) d’or au coq contourné au naturel, au 2) d’or à l’arbre arraché de sinople, au 3) de sinople au lac cousu d’azur ; au pairle renversé en filet de gueules brochant sur la partition.

Dans les bras de Morphée

Blason de Ferna (Thuringe, Allemagne)

Le temps est sable qui s'écoule de mes mains jointes
En calice d'offertoire aux dieux des anciens jours ;
La lumière du matin soude mes pensées disjointes ;
L'ombre du soir les renvoie au nocturne séjour. 

La nuit est un océan, mon lit m'est un vaisseau ;
Les rêves y sont îles promises et belles terres d'accueil ;
Mais parfois les eaux déchaînées montent à l'assaut,
M'entraînent vers d'hostiles rivages hérissés d'écueils. 

Les bras de Morphée ne sont pas toujours tendres ;
Fils d'Érèbe, ses songes soufflés sont souvent obscurs ;
Fils de Nyx, il apaise. Quel étrange Dioscure ! 

J'ai vu tant de choses difficiles à comprendre
Et bien d'autres encore, presqu'impossible à croire. 
Maintes fois je suis tombé, mais sans jamais déchoir.

Marc


Érèbe est une divinité infernale née du Chaos, personnifiant les Ténèbres, l'Obscurité des Enfers. Il est le frère et époux de Nyx (la Nuit), dont il a engendré Éther (le Ciel supérieur) et Héméra (le Jour). Il est décrit dans la Théogonie d'Hésiode. Il est métamorphosé en fleuve pour avoir secouru les Titans, et donne ainsi son nom à une région des Enfers où passent les âmes des défunts, située entre le monde des vivants et l'Enfer.

Nyx est la déesse de la Nuit personnifiée. Selon la Théogonie d'Hésiode, elle et son frère Érèbe (les Ténèbres) sont les premières divinités issues du Chaos primordial. Sa demeure se trouve au-delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest.

Les matins

Blason d'Ostenfeld (Schleswig-Holstein, Allemagne)

J'ai toujours aimé les matins ; ceux, campagnards, 
Que chantaient les coqs à travers les cours de ferme,
Annonçant le jour de labeur ; ceux montagnards,
Ouverts sur un monde qu'aucun horizon n'enferme. 

Les matins de banlieue même, qui, sous la fraîcheur
De la prime aurore, retrouvent un air de province
Que n'a pas encore profanée la triste laideur,
Grâce infime que bientôt l'enfer urbain évince. 

Mais les matins de Paris ont ma préférence ;
L'on y sent toujours battre le cœur de la France,
Pour peu de lui prendre le pouls au bon endroit. 

J'ouvre grand ma fenêtre puis salue la ville
À travers une mer de toits aux vagues immobiles ;
Sera-t-elle d'espérance ou bien de désarroi ?

Marc

samedi 3 décembre 2016

Si j'étais une sirène

Blason de Chens-sur-Léman (Haute-Savoie)

Si j'étais une sirène, je ne songerais pas
À me languir sur un rocher battu d'écume,
Ni à guetter le marin perdu dans la brume
Pour l'attirer à moi et en faire mon repas

Je plongerais, ma mie, au fond des océans,
Et ne craindrais pas même d'explorer les abysses,
Pour te chercher les trésors que des mécréants
Pillèrent pour en faire des objets de maléfices.

Je te rapporterais des colliers de perles,
Des rivières de diamants en forme de pairles,
Des bagues, des boucles d'oreille et même des couronnes.

Tu me dirais : « Sirène, je ne veux point de cet or
Pour lequel tant d'hommes périrent d'une bien cruelle mort ;
Tu sais que l'Amour est mon seul et unique trône. »

Justine

La petite Sirène

Blason de Isen (Bavière, Allemagne)

C’est le prix qu’a payé la petite sirène,
Le sacrifice vain qu’elle a dû consentir :
La sorcière des mers lui offre de sortir
Des eaux qui abritaient sa personne sereine.

Au vieux chaudron de cuivre elle jette son règne,
Mille vagues qui vont d’un mouvement sans fin ;
La lumière versant ses rayons les plus fins
Sur les murs du palais qu’elle adoucit et baigne.

Elle jette au chaudron ses souvenirs d’enfance,
Le coquillage blanc, l’anémone de mer,
L’hippocampe dansant sur un mystérieux air
Qui le rend tout rêveur et qui le met en transe.

Puisqu’elle s’en va vivre au milieu des mortels,
Elle perdra son rire aux intonations claires ;
N’ira plus sur la plage, en sa clarté lunaire,
Chanter une complainte au léger goût de sel.

Son chant, si lumineux et si sombre à la fois,
Elle ne l’aura plus, elle veut être humaine,
Elle abandonne ainsi sa force souveraine,
Son charme inégalé, sa douce et tendre voix.

Sa nageoire d’argent lui donnait la vitesse
Pour distancer la pieuvre, et son coeur corallien
N’éprouvait point de peine ; elle perd ces deux biens
Pour gagner la douleur, le doute, la tristesse.

Cochonfucius

Chant de la Sirène

Blason de Quiberon (Morbihan, Bretagne)

Ce sont mes larmes qui sont les colliers de l'Océan.
Des Rosées que les écumes éclosent en chaque vague,
Sont les poignantes oraisons de mon cœur implorant.
Des milliers de langueurs en ce crépuscule qui s'évade.
Les étoiles subliment ces scintillements que le ciel dévoile,
Lors que les humeurs marines sont encore les âpres douceurs,
Du souffle ondoyant de mon Chant maritime et augural.
L'Appel se suspend en cette plainte devenue cuisante douleur.
Quand donc, depuis les profondeurs, gagnerons-nous ce noble rivage ?
Les ondes insondables sont le silence vibratoire de notre âme.
C'est sur un Rocher que j'attends et que j'aspire au grand Voyage.
Il est des nues qui sont de véritables aspirations et notre unique flamme.
En cette Nuit qui se voudrait embrasser le Jour, est l’Éternelle Union,
Lors que Deux Âmes tendent les bras et sont en cette insensée ardeur.
Que sait-on des vagues qui sont à se désirer et se rejoindre en cet horizon
Lors que le monde perd chaque jour La mémoire du véritable Bonheur ?
Que ne fussé-je cette goutte oubliée en L'Océan noyé de mes larmes.
Oh que ne fussé-je cet éthéré nuage m'élevant vers L'Astre que l'on acclame !

Océan sans rivage
____

D'azur à la fasce ondée d'argent chargée de quatre mouchetures d'hermine de sable, accompagnée en pointe de trois étoiles du second, et brochant sur le tout, une sirène d'or et aussi d'argent soufflant dans une conque de même.

Maître Coq en son espoir

Blason de Corcelles-les-Monts (Côte-d'Or, Bourgogne)

Quoiqu'il advienne, je ne perds jamais l'espoir
Car je vise toujours plus loin que ma propre tête.
Je veille à me toujours jucher sur un perchoir
Pour voir plus haut, même si je suis une pauvre bête.

Les hommes ont des yeux pour voir, mais combien regardent ?
Des oreilles pour entendre, pour écouter quoi ?
Parfois, une brèche en eux s'ouvre, comme par mégarde,
Mais l'âme reste de marbre et le cœur de bois.

Tout lieu se peut être un milieu de nulle part
Ou l'endroit choisi pour s'élever d'une échelle.
L'ego apeuré se cache derrière ses remparts,

Sachant de tout le prix et de rien la valeur ; *
Se pensant le seul garant de la vie réelle
Et pointant ailleurs la cause de tous ses malheurs.

Marc
_____

De sinople au coq hardi d'argent, membré, becqué,
crêté et barbé de gueules; au chef ondé aussi d'argent.
_____

* De nos jours, ces gens savent le prix de tout et ne connaissent la valeur de rien.

Oscar Wilde (1854-1900), Le portrait de Dorian Gray (1891)

Jubilation

Blason de Barbizon (Seine-et-Marne, Ile-de-France)

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon peintre ;
Je suis née de toutes les couleurs de sa palette.
Il m'est si bon de sentir ses bras me ceindre,
Si apaisant de m'endormir sous ses ailettes.

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est ma raison ;
C'est lui qui me tient ; lors, peu m'importe d'être folle
Au yeux de ceux qui jubilent une fois par saison,
N'ayant que joies mesquines et satisfactions molles.

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon matin ;
Il me vêt de soie fine et de noble satin.
Je le veux chanter ici, encore et encore !

Ma sœur, ma bonne Amie, l'Amour est mon destin,
Et dans tes yeux où jamais l'étoile ne s'éteint,
Je vois – merveille ! - un nouveau monde en train d'éclore.

Justine
_____

De sinople aux cinq pinceaux renversés d'or posés en éventail et chargés de sable,
à la palette de peintre aussi d'or tachetée aussi de sable brochant sur le tout.

Sublimation

Blason d'Issou (Yvelines, Ile-de-France)

Ce qui naît des profondeurs se veut s'élever,
Par ce désir qui procède de sa vraie nature.
En toute dormance se prépare une future levée
Car la Lumière est du Vivant la nourriture.

Voici bien l'Appel qui fut en l'âme insufflé
Et dont l'Écho en elle déroule le fil d'Ariane
Que les Ténèbres, en vain, se veulent camoufler
Car toute chose est intrinsèquement diaphane.

Le semblable se veut unir au Semblable ;
L'étincelle garde en elle la mémoire d'une étoile ;
Une galaxie se rêve dans un grain de sable.

L'Amour Vrai est un chemin de sublimation
Car il déchire de l'opacité tous les voiles
Dont l'ego dormant drape sa légitimation..

Marc
_____


De sable à un alambic d'or au foyer de gueules, à la champagne d'azur chargé d'un

poisson contre-nageant d'argent, une burèle ondée aussi d'argent brochant sur la partition.

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Lumière devenue Connaissance

Bénédictines de l'Immaculée conception de Notre-Dame de Cosne (Nivernais, Bourgogne)

D'azur, à une sainte Vierge soutenue d'un croissant, le tout d'argent.

Douceur en ces paroles pures
Lors que l'Enfant marche d'un pas ferme,
Lors que Sa Lumière court comme l'ondoiement
Des éternelles aspirations du Cœur Aimant.
Il est en un Lieu encore secret, le délicat Germe
D'un Monde Nouveau en une savante Lecture.
C'est alors que le fin voile des mille étoiles
En Son Accord Virginal, devient L'Ultime
Soubresaut, en ce sanglot que recueille Le Souffle Royal,
Les vagues que sont les discours subliminaux des cimes !
Humble est cette marche devant Le Temple Atemporel.
Les révérences deviennent incandescentes exaltations.
En ces Azurées soyeuses, vois comme est intense Sa Présence.
Est-il un autre Toi, lors que s'avance toute cette Assemblée ?
C'est Le Cantique et mille tremblantes oraisons,
Qui se veulent ici se magnifier à La Gloire de Ta Majesté.
C'est La Louange ascensionnelle qui révèle Les Beautés de Ton Excellence.
Noblesse et immaculée Enfant de notre Âme Universelle,
Te voici au seuil de l'élévation, lors que ton cœur s'illumine,
Des nouvelles que toi seul pressent, et qui sont nos soupirs,
Lors que ces marches sont les étapes du seul Voyage que l'on devine.
Noblesse et Vénération en ce Projet Divin, en ce pur désir.
Est-il un autre en ce moment qui se veut l’Éternité ?
Qu'a-t-on saisi de cette Vérité qui est Le Sentier de La Conscience ?
Est-il encore dualité ou Langage qui se devient La Seule Réalité ?
Que cherche-t-on encore, lors que les distances sont pliées,
Et que L'Amour est en Son Sommet, Lumière devenue Connaissance ?

Océan sans rivage


vendredi 2 décembre 2016

Le Sage Urbain rend visite à Franck Le Lutin



Quand Urbain, Le Sage Gnome vint rendre visite à Franck Le Lutin-elfe, celui-ci se cachait sous une grande feuille de platane.
Il en humait chaque nervure et soupirait en sa solitude.
- Que fais-tu là, petit fripon ? lança le Gnome.
Franck souleva la feuille en un geste quelque peu troublé. Il avait reconnu la voix d'Urbain le Sage.
Aussitôt, il se releva rouge de confusion.
Il ne put rien prononcer.
Aucun son ne sortait de sa bouche.
Il fit un geste en désignant une chaise, invitant ainsi Le Sage à s'asseoir.
Celui-ci ne se fit pas prier.
- Franck, pourquoi ne pars-tu pas à sa recherche ? demanda à brûle-pourpoint Le Gnome.
Le lutin écarquilla grands les yeux.
- Ne fais pas comme si tu ne me comprenais pas !
Je sais que tu es complètement dévasté depuis le départ de Lutine.
- Que dois-je faire, Maître ?
Je n'ai pas compris pourquoi elle est partie. Nous étions sa famille.
Elle nous a quittés.
- Lutine est une âme qui se cherche. Elle vient d'un autre Monde. Elle a besoin de renouer avec ses origines lointaines.
En vérité, nous avons tous cela en nous, mais nous sommes souvent à l'ignorer. Lutine, elle, le sait. Elle a entendu La Voix.
- Qu'est-ce donc que cette Voix ?
- Il s'agit de La Voix du Roi. Si nous entendons Son Appel, c'est qu'une Porte s'est ouverte depuis les abysses de notre être.
- Je ne comprends rien à tout cela. Pourquoi n'ai-je jamais entendu cette voix ?
Qui est ce Roi ?
- Ne pas l'entendre, ne veut pas dire que cela n'est pas possible. Ceux qui entendent ne peuvent plus vivre comme avant. C'est ce qui s'est passé à ton Amie.
- Je n'y comprends rien. Pourquoi d'entendre cette voix changerait-il quelque chose ? Qu'est-ce que cette voix est censée nous dire ?
Et où est donc ce Roi ?
- Il n'est pas simple d'y répondre. 
Chacun nous avons notre Appel.
Quant au Roi, Il est Celui qui nous a placé en cette Terre.
- Comment cela ?
- Tout a commencé en Lui, il y a très longtemps. Nous sommes comme Ses enfants. Pour chacun d'entre nous, il est un Mystère. Et ce Mystère est aussi une Sagesse.
- Toi-même, demanda soudain Franck, toi-même, as-tu entendu cette Voix ?
- Il y a très longtemps, j'ai dû quitter ma famille. Je suis parti jusqu'aux confins des limites.
- C'est donc que tu as entendu La Voix. On te nomme Le Sage Urbain. Certainement que tu connais ce Roi. Je me doute bien qu'il y a un Mystère chez toi.
Peux-tu me raconter ton histoire ?
- Ce serait trop long, et tu dois te mettre en route pour rejoindre Lutine. 
- Mais comment la rejoindre ? Je ne sais pas dans quelle direction elle est partie. Peut-on aller en ce Pays sans avoir jamais entendu cette Voix ?
- Non, je ne sache pas. Nul peut s'aventurer en ces régions qui bordent la limite du monde sans être guidé par Elle. Ce serait trop risqué. De même, personne ne peut trouver la porte sans avoir la clé pour l'ouvrir.
- Alors, je ne peux rien faire ?
Le Sage Urbain leva la tête un moment, et soupira. Puis, il dit ceci : 
- Il y a une solution. Elle est la seule qui puisse être envisagée. En vérité, tu n'as pas le choix, car je vais te confier quelque chose : Lutine n'est pas assez forte pour faire le voyage sans être accompagnée.
Il lui faut un compagnon. Tu es ce compagnon, depuis toujours. Personne ne peut aider cette enfant si ce n'est toi. Tu ne le sais pas encore, mais, cette mission t'est déléguée. Je le sais. Et je me dois de te le dire. Mon garçon, tu dois la retrouver, le plus vite possible. Si tu y consens, je vais te dire comment faire. Je connais la route.
- Je suis prêt à tout pour mon amie ! Tu le sais bien ! Apprends-moi, et j'irai.
- C'est bien cela la clé : ton Amour pour elle !  ( ... )

Océan sans rivage

Illustration de Cicely Marie Barker (1895-1973)

Winter time

Sol Invictus

Blason de Sonnenberg-Wiesbaden (Hesse, Allemagne)

Décembre, lentement, glisse vers le fond de l'an,
Poussé par une bise dont les caresses mordantes
Se veulent donner à l'hiver son premier élan
Et ravivent le regret de la saison ardente

En laquelle se sont fécondées tant de pensées,
Lors que les heures vécues le furent en toute conscience.
La neige couvrira la terre réensemancée
Par le geste du semeur empli de confiance

Car il sait que le grain ne meurt que pour lever
En une tige nouvelle qui se voudra s'élever
Vers la Lumière, en le proche solstice, renaissante.

N'est-ce pas au plus profond de l'obscurité
Que l'aurore redonne au jour sa virginité ?
Tel est Sol Invictus, en sa Gloire rayonnante.

Marc

Peinture de Briar

jeudi 1 décembre 2016

Maître Coq et le chemin des étoiles

Blason d'Auge (Ardennes)

Le chemin des étoiles n'est pas une promenade
Poétique en laquelle l'on se donnerait
Une quelconque posture ; ce serait une turlupinade
Qui finirait par s'embourber dans les marais.

Ce n'est pas non plus une voie ouverte largement
Que l'on se pourrait prendre quand cela nous chante,
Tout en se bien ménageant ses attachements,
Prêt à reculer quand elle devient trop tranchante.

Elle n'est pas davantage une sorte d'exaltation
Qui se voudrait confondre la sublimation
Avec une simple compulsion émotionnelle

Très souvent doublée d'une mentale hypertrophie,
Dont on sait, du reste, qu'elle révèle une atrophie
De l'âme étouffée par la raison rationnelle.

Marc
_____

Taillé : au 1) d’azur aux trois étoiles d’or en orle ;
au 2) de gueules au coq hardi d’or.

La grenouille et la petite fée

Blason de Petersroda (Saxe-Anhalt, Allemagne)

La grenouille s'est cachée dans un bassin enchanté.
As-tu perçu son souffle léger et ses rayons de lumière ?
Ceux-ci ont souvent accompagné les lectures silencieuses de la petite fée.
Elle se venait auprès de cette grenouille attristée.
Elle lui disait les mots qui consolent.
Elle se voulait le sourire de L'Aube Nouvelle.
La grenouille la regardait très étonnée.
A quoi pense cette petite bête quand l'hiver semble s'annoncer ?
La petite fée lui dit que l'hiver est la plus magique des saisons.
Tous ont peur du froid.

« Ils ne savent pas que lorsque l'hiver approche, c'est là que les plus petits secrets deviennent des bonbons sucrés. Sous les feuilles mortes, une autre vie est à se préparer. Petite grenouille, je t'ai vue tant de fois pleurer, les soirs d'été. Tes larmes sont des perles que le soleil a vêtu de sa dorure. C'est près de toi que j'aime me reposer, et voir les plis du bassin argenté. Vois, les arbres autour respirent la brume des montagnes. Petite grenouille, ton corps est drapé des vertes prairies. Il s'y reflète des marguerites et des boutons d'or. Je suis fière d'être auprès de toi. C'est ici qu'un autre cycle se prépare. Allons, petite grenouille, je te vois enfin sourire ! »

Océan sans rivage

La promesse de Franck, le lutin-elfe des bois

Illustration de Cicely Marie Barker (1895-1973)

Nous a quittés notre petite elfe.
Elle rêvait des lointains pays, de ceux dont on ne revient pas.
Elle nous venait nous visiter et nous soupirer ses mélancolies.
Je suis à pleurer notre lutine, elle, qui se voulait nous ressembler et jouer tel un lutin.
Notre petite amie est partie.
Les bosquets de lamentent de son absence.
La nuit, nous n'entendons plus son furtif pas.
Notre Lutine ne trouvait pas le sommeil et veillait souvent en grimpant sur un bouleau.
Quand elle nous racontait ses rêves, nous l'écoutions avec beaucoup d'attention.
Elle était intarissable.
Je l'entends encore et la vois qui parle en levant les bras.
Elle nous disait :

Je sais que ce pays existe quelque part.
Je le sais, c'est au fond de moi.
Des images flottent au vent qui me les ramène.
Je ne suis pas folle.
Ce pays est mon Pays d'Origine.
J'ai perçu le clapotis des ruisseaux.
J'ai vu des vignes géantes.
La poussière des sentiers est dorée.
Les oiseaux sont tous transparents et l'on voit mille et un paysages sur leur plumage.
Ils volent si haut et laissent pleuvoir des nues de rosées.
J'ai vu les montagnes qui se balancent.
Le jour étreint la nuit, et là-bas, le silence est un chant qui vibre dans les cœurs et nous raconte l'incommunicable.

C'est sur la pointe des pieds, que je l'ai vue, une certaine Aube partir.
Je n'ai rien dit.
J'ai hoché la tête et je lui ai dit tout bas : Adieu ma Lutine.
Un jour, je te rejoindrai.
Ton ami Franck le Lutin des bois ne t'oublie pas.
Nous a quittés, cette petite qui avait dans les yeux des milliers d'étoiles.
Ai-je rêvé son compagnonnage ?
N'est-elle qu'une terrible hallucination ?
Je n'ai jamais compris ce qu'elle cherchait.
J'ai dit :

Va ma Lutine. Tu trouveras le Pays de Ton Origine.
Quelque part, je sais que je te retrouverai, même si tu n'es qu'un songe.
Je traverserai les mille vallées, et les mille forêts.
Je combattrai le Dragon de La Voûte Secrète.
Je brandirai l’Épée de Lumière et je pourfendrai les monstres du vieux lac.
Pour toi, je serai le Lutin-Elfe. Pour toi, je serai ce que tu veux de moi.
Les brumes se dissiperont comme par miracle et je te verrai.
Tu seras là.
Simplement, à nous chanter comme autrefois.

Océan sans rivage

Illustration de Takato Yamamoto