Décryptage et Revalorisation de L'Art de L’Écu, de La Chevalerie et du Haut Langage Poétique en Héraldique. Courtoisie, Discipline, Raffinement de La Conscience, état de Vigilance et Intention d'Unicité en La Fraternité d'un Nouveau Monde !

Est-il un Signe qui n'ait pas sa dimension en Sa Profonde Cohérence, cherchant Le Sens à L'Essence ? Est-il un Signe qui n'ait pas son Écho dans L'Indicible ? Est-il un Seul Langage qui n'ait pas Sa dimension Sacrée et révélateur des Réalités occultées ?

En ce Souffle que se veut presque recueillir le Blason, s'enveloppant, tout en proclamant, fleurissent mille et une Parures, puisant dans L'Êtreté, Noblesse celée et décelée. En ce cœur du Bouclier, mille essences, lors que Le Chevalier vêt L'Armure et L’Épée. Rituel et Quintessence en cet Art de La Connaissance que brandit La Torche enflammée, L’Éclat des Vertus Conquises et que l'on se veut protéger ! Aspiration d'une Renaissance Lumineuse en un Art de Vie oubliée, La Nouvelle Héraldie est à reconquérir cette Beauté que La Chevalerie a porté très Haut, au delà de ce que nous sommes encore en mesure d'imaginer. Le voyage se poursuit...

jeudi 29 septembre 2016

Le dragon

Blason d'Algrange (Moselle, Lorraine)

De gueules au marteau d'argent, chargé d'un dragon contourné d'or,
les ailes déployées en face et la queue tortillée autour du marteau.


Il suffit d'une flamme pour briser les ténèbres ;
Un seul petit geste qu'inspire l'amour illumine
La journée toute entière rongée par la lèpre
Des frustrations vaines qui sans cesse ternissent la mine

Autant qu'elles éteignent la lueur dans les yeux.
Dans la foule, peu de regards disent la vraie lumière ;
Le soleil luit mais l'ombre demeure sous les cieux ;
L'on rêve de château et l'on méprise sa chaumière ;

Et c'est ainsi que l'on assombrit les instants
D'une vie dont on préfère ignorer la mesure,
Pour des illusions dont faussement l'on se rassure.

Le dragon symbolise le pouvoir malfaisant
Du côté ombre de notre nature profonde ;
Ces tréfonds de notre âme, c'est lui qui les sonde.


Blason de Duggendorf (Bavière, Haut-Palatinat, Allemagne)

L'abeille

Blason de Viļāni (Lettonie)

Chaque matin, je m'envole, joyeuse et bourdonnante,
De ma ruche sise sur les toits de l'Opéra ;
Je suis une petite coquine aux mœurs étonnantes ;
Très coquette aussi puisque je me nomme Flora.

Parfois, avant de me rendre à mon ouvrage,
Je passe faire ma révérence audit Blasonneux ;
Je lui danse deux trois rondes et lui m'en rend hommage ;
Puis je m'en repars de mon vol vertigineux

Vers le Jardin des Tuileries où je butine
La gente florale dont je fais le meilleur des miels,
Supérieur, dit-on, à celui de la Gâtine.

Telle est mon humble vie d'insecte mellifère,
Allant et venant entre la terre et le ciel ;
Tant qu'il y a des fleurs, je suis à mon affaire.

ML & JW


Vulson de la Colombière qui, dans la Science Héroïque (1644) aborde l’héraldique d’un point de vue symbolique, présente l’abeille comme symbole de vertu et voit dans l’essaim et la ruche l’incarnation de l’ « obéissance que les peuples sont obligés de rendre à leurs rois »[1]. Elles symbolisent aussi l’éloquence car ce qui sort d’elles, le miel, est doux et agréable. Il est dit qu’elles firent jadis du miel sur la bouche de Platon, de Pindare, et de saint Ambroise de Milan. Enfin, elles sont symbole de chasteté et de virginité. C’est pourquoi on utilise leur cire pour la confection des cierges qui brûlent dans les églises à l’occasion des services divins. Si on leur attribue une si grande pureté, c’est sans doute parce qu’elles sont censées ne se nourrir que du parfum des fleurs et ne pas connaître la sexualité. En effet, on a longtemps cru par le passé que les abeilles, asexuées, naissaient spontanément des entrailles de la terre ou de la décomposition d’animaux morts, ou encore que leurs œufs provenaient du butinage des fleurs [2]. On pensait aussi que la reine était en fait un roi, donc incapable d’enfanter. Virgile, dans les Géorgiques, livre IV, chante ces abeilles qui « ne s’adonnent point à l’amour, qui ne s’énervent pas dans les plaisirs, et ne connaissent ni l’union des sexes, ni les efforts pénibles de l’enfantement. »[3]

Mgr Freppel, évêque d’Angers de 1870 à 1891 porte pour armoiries d’azur à l’abeille d’or. Devise : Sponte favos oegre spicula, « Volontiers son miel, à regret son dard ». Urbain VIII, pape de 1623 à 1644, porte d’azur à trois abeilles d’argent posées 2 et 1. En 1808, les Grands dignitaires de l’Empire napoléonien portent obligatoirement sur leurs armes un chef d’azur (partie supérieure du blason) semé d’abeilles d’or.
Dictionnaire des symboles

Notes :

[1] Vulson de la Colombière / Frédéric Luz, la symbolique du blason, la Place royale, Paris, 1991, p. 125.

[2] Hans Hermann, Michel Cazenave, Encyclopédie des symboles, Librairie générale française, Paris, 1996.

[3] Louis Charbonneau-Lassay, Le bestiaire du Christ, Albin Michel, Paris, 2006, p. 865.

L'armure

Blason de Röttingen (Bavière, Allemagne)

La chevalerie c'est avant tout un esprit
Dont l'équipement a valeur d'allégorie ;
Ainsi en est-il du harnois, qui est l'armure
Du corps, qu'elle protège contre les vilaines navrures ;

La chair est faible et doit être renforcée ;
C'est à travers elle que l'esprit est amorcé
Et donc par elle que veut s'introduire l'adversaire ;
Elle ne pense pas et ne voit pas venir le faussaire.

C'est d'abord à elle que s'adressent les séducteurs
Et tous ceux qui ont desseins expropriateurs ;
Car tel est bien l'objectif de toute propagande :

S'emparer du bien que l'on a ou que l'on est,
Car le corps aussi est une marchandise pesée ;
Et l'on baisse l'offre pour soumettre la demande.

Marie-Louise

Le lynx

Blason de Valognes (Manche, Normandie)

Félin des forêts profondes, le lynx symbolise
La lucidité car il peut voir le réel
Derrière les apparences ; grande est sa clairvoyance
Car son œil pénètre le monde spirituel.

Si tous les grands secrets sont gardés par le Sphinx
Dont les énigmes représentent une rude épreuve,
Celui qui les connaît clairement, c'est le lynx
Car c'est aux vraies sources que cet animal s'abreuve.

Conservateur des systèmes magiques disparus
Et du savoir occulte qu'on l'on croyait perdu,
Il ne se trouve pas un mystère qu'il n'éclaircisse.

Le lynx nous demande de relever un défi :
Affronter nos peurs obscures, en faire son profit,
Car s'en affranchir libère de tout maléfice.

mercredi 28 septembre 2016

Les dialogues du blason - Recueil héraldique de Marc

Ursula von Fugger et son époux Joachim von Ortenburg, (extrait du Fugger Ehrenbuch, 1545)

Ce recueil met en scène des blasons figurant des rencontres de choses et d'êtres qui deviennent des personnages en relation les uns avec les autres à l'intérieur du blason qui leur tient lieu de cadre contextuel. L'héraldique inspire la poésie et celle-ci la porte au-delà de sa fonction première. Les deux sont à se parler, à instaurer des dialogues parfois surréalistes, et chaque sonnet donne ainsi lieu à une petite fable jouant sur la symbolique, la culture, les références au passé, à l'histoire et les incursions dans l'actualité. Le blason se fait allégorie et la composition qui l'accompagne métaphore et parfois même parabole. Ce mariage improbable entre l'héraldique et la poésie se veut vivifier une science millénaire et un genre littéraire qualifié injustement de dessuet, non pas à contre-courant d'une époque affaisée ayant par ailleurs perdu la boussole avec ses repères traditionnels, mais, justement, en misant sur ce qui demeure intact en elle, parce que intrinsèque à la nature humaine et donc intemporel : l'appel du sens. L'héraldique est un chemin possible, une approche en tous les cas, et la poésie une invitation au voyage. Non pas à celui qui rime avec évasion, mais à celui qui se veut initier un Retour.

Passant et Pèlerin

Blason de Chironico (canton du Tessin, Suisse)

Je marche dans les couloirs du temps où je traverse
Des mondes bien étranges sans qu'aucun ne me retienne ;
J'ai vu qu'en celui-ci l'on se pousse et renverse
Pour gagner la faveur de la masse plébéienne.

Du pain et des jeux ! Tous les chemins mènent à Rome
La roche tarpéienne n'est pas loin du Palatin.
Quoi de neuf sous le soleil ? Refait-on les hommes ?
Les voici à jeter aux orties leur latin !

Il m'est aise d'y passer, n'étant pas à demeure.
L'on fait grand cas de ce qui n'est qu'un grain
Dans le vaste Univers que la chose point n'effleure.

Hors Dieu, quelque chose vaut-il que l'on s'y attache ?
C'est Lui qui un jour d'une cordée a ceint mes reins ;
En cette montée, est-il une possible relâche ?

Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Le chien

Blason de Nissan-lez-Ansérune (Hérault, Languedoc)

Le chien est en rapport avec la trinité
Élémentaire terre, eau et lune, une symbolique
Végétative, liée à la féminité.
Dans le bestiaire alchimique et philosophique,

Lors qu'il est figuré dévoré par un loup,
C'est la purification de l'or par l'antimoine.
Une allégorie du Sage qui va jusqu'au bout,
Par la sacrifice suprême, lui qui s'est fait moine *

Pour accéder au plus élevé des niveaux
Que l'on peut atteindre : la Connaissance Ultime,
Celle où l'on entre en une relation intime

Avec le Divin. Tel est le but des travaux
Du Grand Oeuvre qui ne vise pas plus la richesse
Que le pouvoir temporel mais la Vraie Grandesse.

Marc


* Du latin monachus et du grec monachos (homme solitaire).


Voir aussi sur Naissance et connaissance

mardi 27 septembre 2016

Un bourdon bourdonneur

Blason de Hummeltal (Bavière, Allemagne)

L'on me rapporte qu'il fut question de moi, céans,
Lors qu'il fut évoqué, je crois, la plume légère
De Maître Coq dont la gente mellifère, séant
Pour ses assises en une belle prairie bocagère,

Salua celui dont le clair chant auroral
Appelle tous les habitants de la Seigneurie
À l'ouvrage quotidien, en un ton augural
Du plus bel aloi, donnant du blé l'affleurie

Et du butin floral sa plus divine saveur.
J'appartiens à cette race des bourdons bourdonneurs
Qui aiment à vrombir autour d'une suave corolle.

Un beau jour d'été, je vis Maître Coq danser
Tout autour d'une gente poule ; il me fit penser
À un ours qui se serait épris d'une luciole !

Marc

Blason de la famille Hummel (canton de Soleure, Suisse)

Maître Coq, Gros-Jean comme devant

Blason de l'Ajoie (région du Jura suisse)

En cette ivresse exaltée qui m'est naturelle,
Lors qu'une poule eut la patte fine et la plume jolie,
Je fus enclin à lui chanter la ritournelle,
Mais avec les manières au monde les plus polies.

Vient le temps où l'on s'en revient de ce qui glousse,
Souvent Gros-Jean comme devant et fort s'en affligeant
Car apprenant que pierre qui roule n'amasse pas mousse.
Dame Blanche, il me semble, ce m'interrogeant,

Que j'ai passé ma vie entière à poursuivre
La Chimère ; lors, je dois affronter la Vouivre
Pour retrouver, enfin, l'unité intérieure.

Demain se lèvera une aube nouvelle ; mon chant
Dira à toutes les âmes demeurant en ces champs
Combien je suis à louanger notre Seigneur !

Marc

Le rire d'une gente poule

Blason de la famille Legeard, Legeard de La Diriays
(Blason dessiné par O. de Chavagnac pour l’Armorial des As)


D’azur à une poule essorante d’or.

Je ne savais pas qui j'étais en cet instant,
Courbée sous Le Ciel, scrutant l'horizon parfois,
N'avais aucun désir, marchais tout droit devant.
M'étourdissant du vin que me versait un Roi.

Je n'ai pas la rime facile, suis-je gracile ?
Je picore allègrement des grains de L'Indicible,
Et m'oublie, lors que L'Aube s'épanche du soir
Mon trouble chagrin est aussi un heureux espoir

Lors, qu'ai-je encore à t'écouter, coq infatué ?
Au lever du Jour, tout de toi est un bourdon,
Qui se veut à mon oreille toujours bourdonner.

Des sonorités que mon plumage colore,
Certes, le rire se répand jusqu'à ton front.
J'aime pourtant Le Noble Chant de Ton Aurore.

Naïla

lundi 26 septembre 2016

Maître Coq en sa Royale Vassalité

Blason de Quimperlé (Finistère, Bretagne)

Mon ardeur de gueules se décline sur champ d'hermine
Qui est de pureté morale sur tout écu ;
Le crêté et barbé d'or me donne noble mine ;
Ce qui est montré est aussi ce qui est vécu

Car le blason, si étrange que cela paraisse,
Est le mandala d'une intention d'unité ;
Il s'agit de vaincre la peur et la paresse
Et, en toute chose, d'agir avec perspicuité.

Membré d'or indique que l'on marche sur un chemin
De Lumière où brillent les vertus les plus hautes.
Je suis au Roi, de mon cœur le plus Grand des Hôtes

C'est aujourd'hui le meilleur moment, non demain !
De ces clairs principes, je me veux faire bons préceptes ;
Tout un chacun peut s'en faire le digne adepte.

Marc

Quand Maître Coq perdit sa superbe

Blason de La Neuville-en-Hez (Oise, Picardie)

Parti d'or au coq hardi passant de sable
Et mi-coupé de gueules portant castel d'argent
Dessus une gerbe de blé qui repose, affable
En son or aussi, lié d'argent mêmement.

Le chef est cousu d'azur chargé de trois fleurs
De lys d'or pour indiquer la royale tutelle.
Tel fut mon écu lors que sur le champ d'honneur
Mon épée frappait à vif, sifflante et mortelle.

Je suis ci-devant baron de La Poulardière,
Seigneur suzerain des basses-cours du Gâtinais,
Avisé sur bien des choses, n'étant pas né d'hier.

Un jour, je fis la rencontre d'une gente poule
Qui s'amusa de ma superbe un tantinet.
Point plus n'en fallut pour me faire perdre la boule !

Marc

Maître Coq en sa bure de sable

 Blason de la famille de Polier

Que s'imagine-t-on ? Que je suis à m'amuser
En commettant des vers terminés par des rimes ?
Que je me paye de jolis mots pour abuser
Le lecteur qui ignore à quoi tout cela rime ?

Croit-on qu'écrire est juste un aimable passe-temps
Pour se donner des airs ou une quelconque posture ?
Ne sent-on pas derrière la plume le pénitent
Des heures creuses en sa plus misérable vêture ?

Me voici en effet en ma bure de sable ;
Même dans les étoiles, mon esprit demeure stable ;
Mais je ne suis qu'un pauvre mendiant de Lumière

Recueillant dans sa besace les petits cailloux
Blancs que mon cœur voit comme les plus précieux bijoux.
Plus que le fier château me plaît l'humble chaumière.

Marc

Deux Chardons-Marie

Blason de Gannat (Allier, Auvergne)

Écartelé, au premier et quatrième d'azur au gantelet dextre d'argent,
au deuxième et troisième d'argent au chardon au naturel.


Deux Chardons-Marie, au beau milieu d'une pâture,
Furent à converser sur leur bien pauvre destin :
Hélas ! Nous ne sommes guère gâtés par Dame Nature ;
Nul jamais n'orne de nous sa table de festin

Et la rose est bien heureuse, malgré ses épines,
D'être ainsi choyée par tous les cœurs amoureux.
Sans parler que les disciples de Proserpine
Nous réservent le traitement le plus douloureux,

Car l'on nous tient pour une vulgaire plante parasite
Qui, à ce qu'ils prétendent, compromet la moisson ;
L'on nous arrache et nous jette, sans plus de façon.

De plus, si l'on en croit les récits des anciens mythes,
Nous serions le symbole de la souffrance de l'homme
Après qu'il eût mordu, se dit-on, dans une pomme.

Marc

Blason de Pithiviers (Loiret, Pays de Loire)

D'azur à trois chardons, tigés et feuillés d'or, au chef
cousu de gueules chargé d'une fleur de lys aussi d'or.

dimanche 25 septembre 2016

Maître Coq en fâcheuse posture

Blason de Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine, Bretagne)

Le gente gallinacière ne fut point épargnée
Par les vicissitudes du temps, combien cruelles ;
À être comestible elle n'a rien gagné
Et se retrouva bien souvent dans l'écuelle.

Qu'un village fût investi par quelque armée
Au bel appétit aussi vorace que féroce,
Nous n'étions pas à inspirer un jeûne carné,
La citrouille se changeant rarement en carrosse. 

Autant d'incertitudes rendirent plus d'un chèvre.
Me voici sur cet écu en fâcheuse posture ;
L'on dira qu'il y a loin de la coupe aux lèvres

Et qu'il se pourrait que ce bras bardé de fer
Me veuille arborer pour ma symbolique nature ;
Tel est l'espoir qu'inspire ce blason florifère.

Marc
_____

De gueules à un dextrochère armé d'argent, mouvant de senestre,
tenant un coq d'or, au chef d'argent chargé de 3 roses d'azur boutonnées d'or.

Quand trois poules vont aux champs

Blason du vicomte Pierre Deligne, mathématicien belge

Quand j'étais petit poussin, ma mère me chantait
Une charmante comptine qui conte l'histoire de trois poules
Qui allèrent aux champs, en ce pays Gâtinais
Où l'abeille butine et la tourterelle roucoule.

La première des trois commères allait droit devant,
Suivie par la deuxième précédant la dernière.
Le temps était radieux, pas une seule brise de vent.
Quand elles avaient soif, elles buvaient l'eau des ornières.

C'était la fin des moissons, le meilleur moment
Pour glaner quelques épis de ce bon froment
Qui donne le meilleur pain à dix lieues à la ronde.

Las ! Le soir venant, elles ne furent pas revenues
Et personne ne sut ce qu'elles étaient devenues.
Peut-être sont-elles parties faire le tour du monde ?

Marc

(Blason dessiné par O. de Chavagnac pour l’Armorial des As)

Oraison des Étoiles

Blason de Chambray-lès-Tours (Indre-et-Loire)


L’Étreinte t’a menée si loin
Ô mon Âme, si près des Royaumes Incantatoires
Les cimes frôlant indéfiniment en cet ondoiement
Les Puretés cristallines de L’Orfèvrerie vibratoire
Lors que les Lys sont en cette danse Témoin
Les vallées Célestes se déploient et font des vagues
En ce parchemin que Le Livre Ouvert offre éternellement
Les épanchements des saveurs de L’Intime Jade
Lors que nulle couleur n’entrave plus Le Coursier
Il est des sommités qui sont plus que Les effluves éthérées
La Voix est à magnifier Celui qui en Son Mystère Éternel
Donne en Son Pur Baiser les quintessences de chaque perle
Un Nacre que La Coupe est à révérer en L’Astre Primordial
Lors que les lèvres de rubis offrent les soupirs de L’Âme
Les Roses sont à chanter les pâleurs aurorales
Et chaque pétale recèle encore d’autres Visions qui se pâment
En La Transparence des radieuses vibrances du Palais Seigneurial
Les Larmes sont devenues une Allée aux pavés de Cristal
Les secousses de tes sanglots sont aujourd’hui l’effusion tremblante
Des ruisseaux qui courent sans jamais cesser et qui encensent La Flamme
De chaque pas qui se voulaient en Ta Gloire, les épanchements de L’Âme mendiante
Lors que mille étoiles sont à sourire des faisceaux de Ta Lumière Oriflamme
L’Oraison est Immaculée Souvenir des Intimes soupirs du fiévreux Calame.

Océan sans rivage

_____


D'argent à un carrefour de cinq voies alésées d'azur, quatre en sautoir et une en pointe, à un rond-point vidé du champ, le tout bordé de sinople orlé d'un filet aussi du champ, accosté de deux rameaux de cormier ployés aussi de sinople fruités de pourpre, soutenu d'une grappe de raisin du même tigée aussi de sinople, au chef soudé d'or chargé de Sainte Apolline en pied de carnation, vêtue d'argent avec un manteau d'azur, tenant en sa senestre une palme de gueules posée en bande, accostée de deux chênes au naturel.

Blason de la ville d'Irnsing (Bavière, Allemagne)

Voir aussi sur Naissance et connaissance

Royale Tutelle

Blason de Sées (Orne, Normandie)

Là où tu seras Gaïus, je serai Gaïa ;
Je place en toi ma foi et je reçois la tienne ;
Ensemble, nous franchirons les Himalayas
Sans plus qu'aucune chose de ce monde nous en retienne.

Notre Amour prendra sa plus pure couleur
Par nos ardeurs sublimées ; nous serons à cuire
Pendant bien des nuits, jusqu'à l'aube en ses pâleurs,
Lors que dans le ciel aucun astre n'est à luire.

Le corps est un temple et le cœur son autel
Sur lequel le Roi pose sa Main Souveraine ;
Tel est le destin d'une Amitié Suzeraine

Lors qu'elle se place sous sa Haute et Noble Tutelle.
N'est-ce pas là même ce que ce bel écu blasonne
En son azur où le chant des étoiles résonne ?

Marc
_____

D'azur à la foi d'argent en fasce, surmonté par un cœur du même et
enflammé d'or : le tout surmonté d'une fleur de lys du même en chef.

Armoiries du Cambodge

L'Autre Rive

Blason d'Oberbruck (Haut-Rhin, Alsace)

Croit-on passer d'une rive à l'autre sans épreuve ?
Changer d'état sans passer par le feu cuisant ?
Il ne s'agit pas simplement de faire peau neuve
Mais de remonter à la Source, d'aller, puisant

En ses eaux les plus profondes, et même abyssales,
Monter à la Lumière l'Origine oubliée,
Dépasser les situations paradoxales
Et donc à la Verticalité se relier.

C'est en son cœur que se produit l'Oeuvre Alchimique
Et que l'Êtreté trouve son état concentrique ;
Là aussi que s'ouvrent les champs du Possible.

Toute voie d'ascendance est chemin de convergence ;
À l'Irréductible seul l'on doit Allégeance ;
Il est l'Un Absolu à jamais Indicible.

_____ 

De sinople au pont à deux arches d'or maçonné de sable posé sur une pointe ondée d'argent à deux fasce ondées d'azur et surmonté d'un haut-fourneau d'argent, maçonné et ouvert de sable, enflammé de gueules.

Blason de la famille Feuerfang (Allemagne)

Le pont

Blason de Pierrepont (Aisne, Picardie)

D'azur au pont de trois arches d'argent, maçonné de sable.


Le pont permet de joindre deux rives opposées
Et symbolise ainsi le lien entre deux mondes ;
C'est un lieu de passage solidement posé
Et une figure héraldique courante ; elle abonde

Car bien des lieux sont construits au bord des cours d'eau ;
Innombrables sont donc les blasons qui l'arborent.
Le symbole est fort riche, aux multiples niveaux.
C'est l'intelligence qui relie et mieux encore,

La capacité à changer d'échelle, de plan
Et même de dimension ; semblable à la porte
Dont il est le prolongement, en quelque sorte,

Il invite à l'aventure et inspire l'élan
De la liberté ; c'est une figure positive
En ce qu'elle ouvre un champ à l'alternative.


Marie-Louise

Blason de Schmalfeld (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Parti de sinople à deux feuilles de chêne d'or posées, l'une en bande à dextre,
l'autre en barre à senestre et d'azur à un pont à trois arches d'argent maçonné de sable.

L'écu

Blason d'Eisenach (Thuringe, Allemagne)

Le bouclier dit l'égide est l'arme défensive
Du guerrier, quand celui-ci doit parer les coups
D'un adversaire ; il symbolise la force passive
Car le bras qui le porte ne doit pas être mou.

La figure qu'il arbore doit inspirer la crainte
Sinon susciter le respect de l'ennemi
Dont il s'agit de toujours prévenir les feintes ;
Lors, pas le moindre relâchement n'est permis.

Le bouclier est aussi symbole de puissance ;
En justice, du bon droit il inspire la confiance.
La déesse Athéna le prit comme attribut

Ayant fait représenter dessus la Méduse.
Une figure peut divertir, c'est une forme de ruse ;
À l'heure du combat, l'on ne voit qu'elle au début.


Blason de la Lituanie (Pays Baltes)

vendredi 23 septembre 2016

Épilogue

Blason du Blasonneux

Voici que Morphée s'en vient avec sa barque ;
Dans son regard se profile tout un firmament.
L'Amie, si d'aventure, en cette nuit, les Parques
Devaient couper mon fil, je te fais ce serment :

J'attendrai ta venue, au bord de l'Autre monde,
Lors que j'en aurai demandé la grâce à Dieu.
J'ai frôlé souvent dans ma vie l'ultime seconde ;
J'ai su alors qu'Il est le Miséricordieux ;

Sa Main jamais ne m'a lâché dans la détresse !
Un Seul de Ses Regards est Océan de Tendresse !
Mille consolations en Un Seul de ses Pardons !

Lors que j'aime, c'est en vérité Lui que j'adore !
Au-delà du Tout, c'est Lui encore et encore !
En Lui est mon Lien ; qui peut rompre ce Cordon ?

_____


L'été qui se meurt, c'est un ami qui s'en va
Pour ne s'en revenir jamais ; dans sa besace,
Il emporte les songes tissés sur le canevas
Des jours heureux que la saison vieillie efface

D'un coup de vent ; chaque feuille qui tombe ou s'envole
Garde en elle la vibrante mémoire de nos soupirs.
Mon âme, point ne pleure, ni de cela te désole !
Ne sais-tu pas qu'à tout expir succède un inspir ?

Mille saveurs sont à se goûter en ce Jardin !
Vois la vesprée teindre le ciel d'incarnadin !
Contemple de la mouette jolie la divine grâce !

Pas un instant qui n'ait libéré son parfum !
En ce pèlerinage vers nos propres confins
Est né un Bel Amour que mille aurores embrasent !

_____


Comme tous mes mots me semblent vains, subitement.
Comme si mes écrits n'étaient que vaine tentative,
Une sorte de savante entreprise d'évitement
Du destin où je menais une vie palliative...

Voici que je suis à me dire : « Tu es fini !
Mille écrits jamais ne vaudront le moindre acte !
Tu le savais, que rien n'était indéfini !
Voici se fermer de l'instant crucial l'entr'acte...

Mille et mille savoirs ne valent pas un seul sourire !
Vivre, n'est-ce pas accepter, enfin, de mourir ?
Que pèse aux yeux des hommes ma petite intention ?

Que suis-je à vouloir préserver de ma personne ?
Quoi qu'elle fasse, à la fin, c'est le vide qui résonne !
Être soi, l'interminable négociation...

_____


Voici que les émaux et les métaux se fondent
En une couleur que l'on ne saurait blasonner.
Voici l'écu englouti dans les eaux profondes,
Lors que la nef, par le Destin arraisonnée,

Vogue encore, ivre d'ivresse et d'horizons vides.
Voici du clair matin, telle une aube de marbre,
La promesse...

Par delà du par delà

Blason de Lacroisille (Tarn)


Bravant mille tourmentes
C'est ainsi qu' est L'Amante
Parvenue jusqu'à Toi
N'a jamais hésité une seule fois

Aucun sacrifice puisque c'est vers Toi
Que tout en moi est en cet unique pas
Il n'est aucune réalité de renoncement
Lors que celui qui marche na plus d'attachement.

Je T'ai rencontré au delà du par delà
En cette Unité qui n'a plus de Discours
Lors que L' Âme hébétée est transie d'Amour
Je T'aime et Te trouve en ce Lieu qui est Toi.


Océan sans rivage

Blason de Schale (Westphalie, Allemagne)

Maître Coq en son un-tension

Blason de Malemort-du-Comtat (Vaucluse)

Me voici au centre de toutes les intentions,
Sollicité par l'ombre et par la lumière ;
Mais, impassible, je me tiens en l'un-tension,
Suivant mon idéal en sa nature foncière.

Le verre est à moitié vide ou à moitié plein,
Selon ce qu'en décide l'esprit par sa tournure ;
Sur cet écu, le champ qui se blasonne d'or plain
Me protège contre tout négatif qu'il épure.

Tantôt, les contraires me parviennent en alternant,
Tantôt, ils sont en un mouvement gironnant ;
Quoi qu'il advienne, c'est en soi-même qu'est le refuge

Et c'est là l'unique jardin qu'il faut cultiver ;
En toute chose cette mémoire se veut réactiver ;
Ce monde nous en détourne car il est centrifuge

Marc
_____
 
Gironné d'or et de sable de douze pièces, à l'écusson
d'or au coq de gueules, brochant en abîme sur le tout.

Destin

 Blason de Blekendorf (Schleswig-Holstein, Allemagne)

Quel sont, d'un destin, la part fixe et celle, libre ?
Comment savoir que c'est un choix qui se propose
Et s'il ne va pas rompre un équilibre ?
La question est cruciale, il arrive qu'elle se pose.

S'il est des pages blanches dans le Livre de la Vie,
Elles ne sauraient quitter de l'ouvrage la reliure ;
Un acte franc n'est jamais soumis à l'envie ;
Il se cherche, en vérité, une solide feuillure

Par le regard qu'il se veut à lui-même porter ;
Il est hors de toute compulsion psychique, mentale
Ou émotionnelle car en lui rien ne s'étale

Ni ne se répand, au risque d'être déporté
Vers les ornières habituelles de l'existence.
Il vise la justesse en une parfaite advertance.

Marc

Voir aussi sur Naissance et connaissance